MEDEF Actu -Eco de la semaine du 16 au 20 juin 2014

<p>FRANCE <br />1.Financement des ETI et des grandes entreprises en juin 2014 : situation des trésoreries normale, détente des délais de paiement et des marges de crédits bancaires<br />2.Créations d’entreprise en mai 2014 : +1,3% sur un an en moyenne sur trois mois (+3% hors auto-entrepreneurs)<br />3.Prix à la consommation en mai 2014 : -0,6% l’an sur trois mois, +0,7% sur un an<br />4.Emploi salarié au 1er trimestre 2014 : -21 600 postes sur un trimestre, +4 600 hors intérim<br /><br />EUROPE<br />5.Coût horaire de la main d’œuvre en Europe au 1er trimestre 2014 : -0,4% en France, +0,3% dans la zone euro, +0,6% en Allemagne<br />6.Pressions fiscales comparées en Europe en 2012 : taux plus élevé en France que la moyenne européenne sur le travail et sur le capital, moins élevé sur la consommation</p><p>INTERNATIONAL<br />7.Tendances récentes des marchés<br /><br /></p><p></p>

 


Selon l’enquête AFTE / Coe-Rexecode, réalisée début juin 2014 auprès des trésoriers des ETI et des grandes entreprises (500 salariés ou plus) :

  • Situation de trésorerie d’exploitation jugée normale depuis février 2014 ;
  • Poursuite de la tendance baissière des délais de paiements des clients, malgré la tension en juin qui faisait suite à une détente en mai. Le solde d’opinion est sur sa moyenne des années 2005-2013 ;
  • Confirmation de la détente des marges sur les crédits bancaires. Le solde d’opinion est à son plus bas niveau depuis octobre 2005 ;
  • Recherche de financement jugée facile, l’indicateur continuant de progresser.


Les créations d’entreprise (y compris auto-entrepreneurs) se sont repliées de -1,4% en mai 2014, après +2,3% en avril. Hors auto-entrepreneurs, elles ont baissé de -0,9%, après +2,9%.

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (mars, avril, mai 2014), les créations totales se sont accrues de +1,3% par rapport aux trois mêmes mois de l’année précédente. Elles sont ainsi au nombre de 45 719.
Hors auto-entrepreneurs, elles ont progressé de +3%, pour atteindre 22 737.
Les créations d’auto-entreprise se sont légèrement repliées, de -0,2%.

Par secteur, cette progression des créations d’entreprise au printemps 2014 se retrouve dans l’industrie (+4,4% sur un an) et dans les services marchands (+3,1%).

Au sein de ces derniers (49,2% de l’ensemble des créations), les évolutions sont disparates, de -3,7% pour les services aux ménages à +19,4% dans les transports et l’entreposage.

En revanche, les créations se sont réduites de -1,3% dans le commerce (19,9% du total), et de -3,4% dans la construction (14,3% du total).


L’indice des prix à la consommation est, en données brutes, resté stable en mai 2014. En données corrigées des variations saisonnières, il a progressé de +0,1%, après -0,2% en avril 2014.
Cette modeste hausse recouvre des évolutions contrastées : repli des prix des produits alimentaires et manufacturés, hausse des prix des services et plus encore des prix énergétiques.
Sur un an, l’inflation a été de +0,7%.

Entre février et mai 2014, les prix ont baissé de -0,6% l’an, après +1,5% l’an entre novembre 2013 et février 2014, résultat d’évolutions diverses :

  • redressement des prix des produits énergétiques : +0,5% l’an, après -3,9% ;
  • amplification du repli des prix des produits alimentaires :-2,2% l’an, après -0,4% ;
  • baisse de -1,3% des prix des produits manufacturés, comme en février 2014 ;
  • décélération des prix des services : +1,3% l’an, après +2,4%.

L’inflation sous-jacente (hors tarifs publics, énergie et produits frais) s’est repliée de -0,7% l’an sur trois mois (+0,3% sur un an).


L’INSEE vient de publier une seconde estimation de l’emploi salarié dans le secteur marchand non agricole pour le 1er trimestre 2014, qui donne des résultats un peu moins défavorables que dans la précédente.

Cette nouvelle estimation fait état d’un accroissement plus soutenu de l’emploi salarié au 4ème trimestre 2013 que dans l’estimation précédente (+21 000 postes, contre +15 000) et d’une réduction moins importante au 1er trimestre 2014 (-21 600, contre -23 600).

Cette baisse des emplois salariés au début de l’année 2014 annule ainsi la progression enregistrée à la fin de l’année 2013. Hors intérim, l’emploi salarié a progressé de +4 600 postes.

Sur un an, 44 400 postes auront été perdus dans le secteur marchand non agricole, contre -57 200 selon la première estimation.

Dans le détail, ce repli sur un trimestre recouvre :

  • une réduction plus importante que dans la première estimation des emplois intérimaires (-26 200, contre -24 800). Ils enregistrent leur plus forte baisse depuis le 3ème trimestre 2012 ;
  • une diminution moins importante des emplois dans l’industrie (-7 300, contre -9 300), où ils ont baissé pour le 12ème trimestre consécutif, et dans la construction (-4 300, contre -5 100), où ils ont baissé pour le 8ème trimestre consécutif ;
  • une progression très légèrement plus importante dans le tertiaire marchand hors intérim (+16 000, contre +15 600). L’emploi dans ce secteur enregistre ainsi son 3ème trimestre consécutif de hausse. Elle résulte davantage des services (+13 500 postes) que du commerce (+2 500).

 


Selon les dernières statistiques d’Eurostat, qui permettent d’estimer le coût du travail en euros et de faire des comparaisons avec d’autres pays, le coût horaire de la main d’œuvre dans le secteur marchand non agricole en France, hors apprentis et pour les entreprises de 10 salariés ou plus, s’est réduit de -0,4% au 1er trimestre 2014, à 35,6 euros. Sur un an, il a augmenté de +1,7%. Il reste le plus élevé de la zone euro, derrière la Belgique.

En Allemagne, le coût horaire du travail s’est en revanche accru de +0,6% entre le 4ème trimestre 2013 et le 1er trimestre 2014 (+1,2% sur un an), pour atteindre 33,2 euros. L’écart de compétitivité-coût entre la France et l’Allemagne a ainsi continué de se réduire au début de l’année 2014 : 7,5%, contre 8,6% au 4ème trimestre 2013 et 9,2% au 3ème trimestre 2013.

La baisse du coût horaire en France au 1er trimestre 2014 résulte d’un repli de -2,1% des charges annexes au salaire* qui a plus que compensé la progression de +0,4% des salaires et traitements bruts. En Allemagne, les charges ont également baissé (-1%), alors que les salaires se sont accrus nettement plus vite qu’en France (+1,1%).
Le taux de charges sur salaire s’est ainsi réduit en France au 1er trimestre 2014, pour atteindre 47,1%. Il reste néanmoins nettement plus élevé que celui observé dans la zone euro (35,2%) et, plus encore, en Allemagne (26,2%).

*Les charges annexes aux salaires comprennent, selon la définition d’Eurostat, les cotisations employeurs de sécurité sociale, les frais de formation professionnelle, les autres dépenses, telles que les coûts de recrutement et les vêtements de travail, et les taxes sur l’emploi considérées comme coûts de main d’œuvre déduction faite des subventions reçues.

La baisse de -0,4% du coût horaire en France au début de l’année 2014 se retrouve dans tous les secteurs :

  • -0,5% dans les services marchands à 35,4 euros (+1,2% en Allemagne à 30,5 euros) ;
  • -0,5% dans l’industrie manufacturière à 37,3 euros, niveau désormais observé en Allemagne, où le coût horaire a baissé de -0,1% ;
  • -0,8% dans la construction à 31,5 euros (-0,4% en Allemagne à 26,6 euros) ;

Ainsi, ces évolutions relatives entre la France et l’Allemagne ont permis de réduire l’écart de compétitivité-coût.

Ceci est particulièrement notable dans les services marchands où le coût horaire dépassait de 18% le coût allemand fin 2013. Il le dépasse désormais de quelque 16%.

Dans l’industrie, le coût français a retrouvé le niveau du coût horaire en Allemagne. Cependant, les différentiels défavorables à la France, notamment dans les services, impactent également les coûts de production des entreprises industrielles, dès lors qu’elles tendent de plus en plus à externaliser des fonctions tertiaires.


Eurostat et la Direction générale Fiscalité et Union douanière de la Commission européenne viennent de publier l’édition 2014 du rapport « Taxation trends in the European Union ». Les prélèvements publics obligatoires en France sont parmi les plus élevés d’Europe (45% du PIB en 2012)*, derrière le Danemark (48,1%) et la Belgique (45,4%). La moyenne de la zone euro s’est établie, en 2012, à 40,4% du PIB (39,1% en Allemagne).

*Ces calculs d’Eurostat et de la Commission européenne reposent sur le Système Européen des Comptes 2005 qui vient d’être révisé en base 2010 (SEC 2010). Ces révisions ont conduit à des modifications importantes notamment sur les ratios de finances publiques. Ainsi, en France, le taux de prélèvements obligatoires en 2012 serait de 43,7% du PIB. Les nouvelles estimations pour les autres pays ne seront pas disponibles avant la rentrée. Il reste que ces modifications de comptes n’altèrent pas de manière significative les évolutions.

Pénalisant par leur niveau, les prélèvements obligatoires le sont tout autant par leur structure, puisqu’ils reposent plus qu’ailleurs sur les facteurs de production. C’est l’une des premières causes d’affaiblissement de la compétitivité des entreprises et de l’attractivité du territoire. Ils contribuent également à confisquer du pouvoir d’achat des ménages.

Le taux implicite de prélèvements sur le travail (cotisations sociales, employeurs et salariés, impôts sur le revenu) dépassait, en 2012, de 4,5 points la moyenne de la zone euro (39,5%, contre 35%) et de 1,7 point celui de l’Allemagne (37,8%).

Le taux implicite de prélèvements sur le capital (patrimoine et revenus du capital) dépasse largement la moyenne des pays européens dont les données sont disponibles. A titre d’exemple, il était supérieur de 24,7 points au taux allemand en 2012 (46,9%, contre 22,2%).

En revanche, la fiscalité sur la consommation (TVA, taxes sur les boissons et le tabac, TIPP pour la France) est moins élevée qu’ailleurs en Europe (19,8% en 2012, contre 20,5% pour la moyenne de la zone euro) et est identique à celle observée en Allemagne.



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