La transition énergétique est une chance pour la France. Ne la gâchons pas.

La transition énergétique doit être menée comme un projet fédérateur et enthousiasmant permettant de concilier les exigences de compétitivité économique, de développement de nouveaux marchés, de sécurité d’approvisionnement et de lutte contre le changement climatique.

La France possède des atouts extraordinaires dans l’énergie avec plusieurs filières d’excellence mondiale, que ce soit dans les domaines de la production, des solutions et services d’efficacité énergétique, de l’industrie ou des réseaux. L’économie française est de plus en avance sur d’autres pays en termes d’émissions de CO2.

Le MEDEF note que la loi de programmation pour un nouveau modèle énergétique français comporte des aspects positifs, notamment la volonté d’adopter une approche flexible avec un examen périodique de l’atteinte des objectifs en fonction de la situation économique ; des outils opérationnels en matière d’efficacité énergétique, de mobilité durable et de simplification en matière d’équipements énergétiques (réseaux, énergies renouvelables…).

Pour autant, il lui semble qu’elle doit être substantiellement complétée sur au moins trois aspects majeurs :

  • La dimension de « compétitivité » qui ne figure pas à sa juste place dans cette loi ;
  • Les impacts économiques qui sont insuffisamment évalués ;
  • La multiplicité des objectifs affichés qui est nuisible à leur atteinte. Restons focalisés sur la baisse de nos émissions de CO2.

Loi de programmation pour un nouveau modèle énergétique français :
la position du MEDEF

L’énergie est un levier essentiel de compétitivité, de croissance et d’emploi. Le moment est venu de partager une vision positive de l’énergie et de son importance vitale pour aller collectivement vers une économie durablement compétitive. Le projet de loi de programmation pour un nouveau modèle énergétique français présenté le 18 juin dernier, constitue une opportunité pour le faire.

Pour réussir cette transition, la France a des atouts au premier rang desquels ses champions de l’énergie : producteurs, fournisseurs, acteurs de l’efficacité énergétique, opérateurs de réseaux, industries consommatrices, fournisseurs de solutions dans l’industrie, le bâtiment, les transports…C’est grâce à leur dynamisme, à leur créativité à travers la recherche et l’innovation que notre avenir énergétique se construira.

Le MEDEF, qui attend beaucoup de ce texte, salue plusieurs points positifs : l’approche ambitieuse en matière de changement climatique, domaine dans lequel la France est déjà très en avance au niveau mondial ; la volonté d’adopter une approche flexible avec un examen périodique de l’atteinte des objectifs en fonction de la situation économique ; des outils opérationnels en matière d’efficacité énergétique, de mobilité durable et de simplification en matière d’équipements énergétiques ( réseaux, énergies renouvelables…)

Le MEDEF tient également à exprimer un certain nombre d’inquiétudes.

La compétitivité ne figure pas à sa juste place dans le projet. Elle devrait être au cœur de la transition énergétique. Les dispositions sont très insuffisantes pour garantir aux entreprises françaises des prix de l’énergie compétitifs sur le plan mondial et de conditions de concurrence équitables.

L’étude d’impact est très incomplète et donc contestable. Elle n’évalue pas les impacts sur les activités des consommateurs d’énergie, leur compétitivité intra et extra européenne, la part du l’industrie dans le PIB français, les emplois, etc. De plus, elle ne démontre pas que les mesures proposées sont les plus rentables pour atteindre les objectifs poursuivis.

La multiplicité des objectifs conjuguée à une absence de marge de manœuvre économique et budgétaire met en cause leur cohérence et leur faisabilité : baisse de la part du nucléaire (50 % du mix électrique à horizon 2025), de la part des énergies fossiles ( -30 % en 2030), division par 2 de la consommation d’énergie en 2050, baisse de 40 % des émissions de GES à 2030, hausse des EnR à 32 % de la consommation d’énergie en 2030. La France, qui a besoin avant tout d’une trajectoire claire, ne peut complexifier à l’infini les objectifs et la réglementation.

En matière de R&D le projet affirme à juste titre le rôle de la recherche et de l’innovation. Il doit aller au bout de cette logique en levant l’interdiction de recherche et d’exploration de toutes les formes d’énergie, en particulier les ressources énergétiques non conventionnelles.

Enfin, la gouvernance de la politique énergétique doit être revue pour associer les entreprises actrices de la transition .Il convient aussi de se doter d’un véritable pilotage économique qui garantisse la cohérence des objectifs et des trajectoires avec la conjoncture économique, les ressources mobilisables, et le contexte européen et international. Ce pilotage permettrait de choisir les meilleures solutions sur la base de leur rapport coût efficacité.

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