MEDEF Actu-Eco de la semaine du 22 au 26 septembre 2014

<p>FRANCE<br />1. Croissance du PIB au 2ème trimestre 2014 : stagnation, comme au trimestre précédent<br />2. Situation des entreprises au 2ème trimestre 2014 : la baisse des marges continue<br />3. Situation des ménages au 2ème trimestre 2014 : +0,5% de pouvoir d’achat, grâce à une stagnation des prix<br />4. Climat des affaires en septembre 2014 : nouvelle dégradation, qui se retrouve dans le bâtiment, les services et le commerce de gros<br />5. Demandes d’emploi en août 2014 : -11 100 personnes sur un mois, +7 000 personnes au chômage depuis plus de trois ans<br />6. Tensions sur le marché du travail au 2ème trimestre 2014 : nouvelle hausse des entrées à Pôle emploi mais quasi-stagnation des offres collectées<br /><br />INTERNATIONAL<br />7. Marché du logement aux Etats-Unis en août 2014 : repli des mises en chantier (-14,4%) et des permis de construire (-5,6%) <br />8. Tendances récentes des marchés</p><p></p>

1. Croissance du PIB au 2ème trimestre 2014 : stagnation, comme au trimestre précédent

Les résultats détaillés des comptes nationaux, publiés le 23 septembre 2014, confirment globalement la première estimation et donc la stagnation du PIB au 2ème trimestre 2014, comme au trimestre précédent. L’acquis de croissance pour 2014 est donc de +0,3%. La prévision du gouvernement est désormais de +0,4% pour cette année.

Cette stagnation du PIB au printemps 2014 recouvre :

– en termes de composante :

  • un redressement de la consommation des ménages (+0,4%, après -0,6%) ;
  • un nouveau recul des investissements (-1,1%), aussi bien dans les entreprises (-0,7%) et dans les administrations publiques (-0,7%), que dans le logement (-2,5%), mais de manière nettement plus importante ;
  • une progression des importations (+0,4%) plus marquée que des exportations (+0,1%), d’où la contribution négative du commerce extérieur à la croissance.

– en termes de production :

  • une rechute dans la production manufacturière (-0,9%), après son rebond du 1er trimestre (+0,8%) ;
  • un recul dans la construction (-1,7%), pour le quatrième trimestre consécutif ;
  • une légère hausse dans les services (+0,2%, après +0,3%).

2. Situation des entreprises au 2ème trimestre 2014 : la baisse des marges continue

Selon les résultats détaillés des comptes nationaux, la valeur ajoutée des sociétés non financières s’est contractée de -0,4% en euros courants au 2ème trimestre 2014 (-0,7% sur un an).

La  hausse des rémunérations s’est modérée (+0,2%) : baisse des cotisations sociales employeurs, mais augmentation de +0,4% des salaires bruts versés (+0,3% pour le salaire moyen par tête),  montés à 50,9% de la valeur ajoutée.

En conséquence, l’EBE des sociétés non financières a baissé de-2%, et le  taux de marge est tombé de 29,8 à 29,3% de la valeur ajoutée, au plus  bas depuis le 4ème trimestre 1985.

A noter que le CICE est traité par la comptabilité nationale comme une subvention aux salaires, ce qui explique la forte augmentation des subventions au 1er trimestre 2014 (+0,8 point de valeur ajoutée), et le rebond du taux de marge en début d’année.

Hors effet CICE, le taux de marge aurait continué de se dégrader: 29,4% au 4ème trimestre 2013, puis 28,9% au 1er trimestre 2014 et 28,4% au 2ème trimestre 2014. C’est dire la nécessité d’alléger le coût du travail. La baisse du taux de marge hors CICE confirme aussi  un partage de la valeur ajoutée qui continue de se déséquilibrer, du fait d’une évolution salariale plus forte que la productivité. Sur un an, le salaire moyen par tête a augmenté de +1,6% (secteur marchand non agricole), soit +1% en pouvoir d’achat.

Le taux de marge moyen du 1er semestre 2014 a baissé de -0,2 point par rapport à la moyenne 2013 pour s’établir à 29,6% de la valeur ajoutée, soit 3,9 points de moins qu’en 2007. Et ce,  malgré un poids des impôts sur les facteurs de production le plus faible depuis 2010*.

*Impôts nets de subventions (effet CICE)

Ainsi, en niveau absolu,  l’EBE qui a baissé de -2% sur un an au 1er semestre 2014, est inférieur de -5,5% à son niveau de 2007, et le profit distribuable de -8,5%. Dans le même temps, les rémunérations ont augmenté de +14%, 2 fois plus vite que la valeur ajoutée.

L’épargne brute des sociétés non financières (autofinancement) s’est réduite au 2ème trimestre 2014 comme la valeur ajoutée, de sorte que sa part dans cette dernière est restée stable. Comme les investissements ont baissé à un rythme plus marqué (-0,7%), le taux d’investissement a continué de s’effriter (22,5% de la valeur ajoutée). Entre le 1er semestre 2013 et le 1er semestre 2014 ils ont quasiment stagné (+0,1%), dépassant  de 6,5% leur niveau de 2007,

Au total, le taux d’autofinancement s’est un peu redressé au printemps, mais sa moyenne du 1er semestre 2014 (75,4%) marque un nouveau repli par rapport à celui de 2013. Il est en recul de 11 points par rapport à 2007, et de 14 points par rapport à 2000…

Complément d’information : dans l’industrie manufacturière, les données de branches font apparaître une contraction des marges au 2ème trimestre 2014 de -0,6% (après +1,9% au trimestre précédent). Compte tenu de l’érosion de la valeur ajoutée (-0,1%), le taux de marge a baissé de 33,2 à 33% de la valeur ajoutée. La moyenne du 1er semestre 2014 s’inscrit en légère amélioration. Mais il ne parvient pas à se redresser depuis l’été 2012.

Reste que le niveau des marges dans l’industrie est inférieur de -8%  à celui de 2007. La contraction du tissu industriel n’explique pas tout : avec 33,1% au 1er semestre 2014, le taux de marge est inférieur de quelque  2 points à celui de 2007, et de 4 points à celui de 2000.

3. Situation des ménages au 2ème trimestre 2014 : +0,5% de pouvoir d’achat, grâce à une stagnation des prix

Les résultats détaillés des comptes nationaux trimestriels mettent en évidence une décélération du revenu disponible brut (RDB) des ménages au 2ème trimestre 2014 (+0,5% en valeur, après +1,3%). Soit :

  • un ralentissement de la masse salariale (+0,4%, après +0,5%), « notamment du fait de la décélération du salaire moyen par tête versé dans les sociétés non financières » ;
  • un ralentissement des prestations sociales (+0,3%, après +0,6%), représentant 1/3 du RDB ;
  • une légère accélération des cotisations sociales (+0,6%, après +0,4%) et une moindre baisse des impôts sur le revenu et le patrimoine (-0,5%, après -4,3%).

Compte tenu de la stagnation des prix des dépenses de consommation (après +0,3% au 1er trimestre 2014), le pouvoir d’achat du RDB des ménages a été en hausse de +0,5% au 2ème trimestre 2014, après +0,9%. Par unité de consommation*, il a progressé de +0,3%.

Au total, comme l’accroissement de la consommation des ménages (+0,4%) a été quasiment identique à celui de leur revenu disponible brut (+0,5%), leur taux d’épargne est resté stable au 2ème trimestre 2014 à 15,9% du RDB, niveau un peu supérieur à la moyenne 2000-2013 (15,3%).
Le taux d’épargne financière, c’est-à-dire hors logement, qui représente 46% de l’épargne totale, poursuit sa progression, passant de 7% au 1er trimestre 2014 à 7,3% au 2ème trimestre 2014 (moyenne 2000-2013 = 5,6%).

* Système de pondération tenant compte de la composition du ménage (nombre de personnes, âge)

4. Climat des affaires en septembre 2014 : nouvelle dégradation, qui se retrouve dans le bâtiment, les services et le commerce de gros

Selon les dernières enquêtes de conjoncture publiées par l’INSEE, le climat des affaires en septembre 2014 s’est dégradé pour le quatrième mois consécutif. L’indicateur synthétique s’établit ainsi à son plus bas niveau depuis juillet 2013 et s’éloigne encore plus de sa moyenne de longue période.

Cette nouvelle dégradation du climat des affaires à la rentrée 2014 recouvre des évolutions contrastées selon les secteurs :

  • Stagnation de l’indicateur dans l’industrie manufacturière (redressement des perspectives personnelles et générales de production, notable dans les industries agroalimentaires, les équipements, la chimie, le caoutchouc, et la métallurgie ; stagnation des carnets de commandes globaux mais baisse des carnets de commandes étrangers) et le commerce de détail (dégradation des perspectives générales d’activité, léger redressement des ventes prévues et des intentions de commandes, perspectives d’emploi toujours pessimistes) ;
  • Repli de l’indicateur dans l’industrie du bâtiment, au plus bas niveau depuis janvier 1997, (perspectives d’activité et d’emploi mal orientées, carnets de commandes toujours jugés inférieurs à la normale), dans les services (perspectives générales toujours mal orientées, dégradation des anticipations d’activité, notamment dans l’hébergement-restauration et dans l’information-communication, emploi hors intérim toujours en berne) et, de façon plus marquée, dans le commerce de gros (perspectives d’activité réduites au vu des perspectives générales et des intentions de commandes, pessimisme persistant concernant l’emploi).

5. Demandes d’emploi en août 2014 : -11 100 personnes sur un mois, +7 000 personnes au chômage depuis plus de trois ans

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) en France métropolitaine s’est légèrement replié en août 2014 pour la première fois depuis octobre 2013 : -11 100 personnes (-0,3%), après +26 100 en juillet dernier. Il est retombé à 3 413 300 personnes.
Cette modeste baisse, qui reste à confirmer pour commencer à parler d’inversion de tendance, se retrouve chez les hommes comme chez les femmes, et chez les moins de 50 ans. En revanche, le nombre de demandeurs d’emploi âgés de 50 ans et plus a poursuivi sa hausse.

En y ajoutant les personnes en activité réduite (catégorie B et C), le nombre total de demandeurs d’emploi s’est réduit en août de -5 800 personnes (-0,1%), à 5 078 000.

Entre août 2013 et août 2014, les demandeurs d’emploi restent en hausse : +169 700 (+5,2%). Cette nouvelle augmentation recouvre :

  • par sexe : une progression plus marquée chez les hommes que chez les femmes ;
  • par tranche d’âge : une quasi-stagnation chez les moins de 25 ans et une hausse de plus de 80 000 personnes chez les 25-49 ans et chez les 50 ans et plus ;
  • par région : un accroissement général, de +1,9% en Picardie à +12% en Corse. Dans les DOM, les évolutions vont d’une stagnation à la Réunion à +6,2% en Guyane

Concernant l’ensemble des catégories A, B et C, la durée moyenne des inscriptions à Pôle emploi s’est une nouvelle fois allongée, atteignant un nouveau record historique : 532 jours, soit +29 jours en un an.

Le chômage de longue durée (1 an et plus) concernait en août 2014 2 168 900 personnes, chiffre en baisse de -0,1% sur un mois mais en hausse de +9,6% sur un an. Ce repli sur un mois concerne les personnes au chômage depuis 1 ou 2 ans (-0,7%) et depuis 2 ou 3 ans (-0,4%). En revanche, le nombre de personnes au chômage depuis 3 ans ou plus a progressé de +1,1% entre juillet et août 2014.

6. Tensions sur le marché du travail au 2ème trimestre 2014 : nouvelle hausse des entrées à Pôle emploi mais quasi-stagnation des offres collectées

L’indicateur de tensions sur le marché du travail (flux d’emploi collectés par Pôle emploi / entrées à Pôle emploi) s’est de nouveau replié au 2ème trimestre 2014 : -1,9%, après -6,5% au trimestre précédent.

Cette évolution recouvre une quasi-stagnation des offres d’emploi collectées par Pôle emploi (-0,2%) et d’une progression des entrées à Pôle emploi (+1,9%). Ces dernières sont ainsi supérieures de 17% à leur niveau du 1er trimestre 2007, alors que les offres lui sont inférieures de près de 30%.

L’indicateur de tensions s’inscrit en retrait de 4,8% par rapport à son niveau du 2ème trimestre 2013. Il est inférieur de 33,3% à sa moyenne des années 1998-2013 et se situe à un niveau historiquement bas.

Cette diminution se retrouve dans l’industrie et le BTP, mais pas dans le tertiaire :

  • Industrie : repli de -3% de l’indicateur, pour le deuxième trimestre consécutif. Cette baisse résulte d’une hausse de +2% des entrées à Pôle emploi et une baisse de -1% du nombre d’offres collectées. L’indicateur est inférieur de 18% à sa moyenne 1998-2013. Les tensions ont diminué dans la plupart des sous-secteurs (dont -8% dans la « mécanique, travail des métaux ») et ont stagné dans l’électricité et la maintenance ;
  • Bâtiment et travaux publics : baisse de -11,5% de l’indicateur, pour le 4ème trimestre consécutif. C’est le résultat d’un repli de -9% des offres collectées et d’une hausse de +4% des entrées à Pôle emploi. L’indicateur est inférieur de 57% à sa moyenne de longue période ;
  • Tertiaire (commerce et services) : stagnation de l’indicateur, à un niveau inférieur de 30% à son niveau moyen des années 1998-2013. Cette stagnation recouvre un repli dans 6 des 10 sous-secteurs (dont -11% dans l’informatique et les télécommunications), une stagnation dans le commerce, la banque et les assurances, et une progression dans les services aux particuliers et aux collectivités et dans « la santé, action sociale, culturelle et sportive ».

7. Marché du logement aux Etats-Unis en août 2014 : repli des mises en chantier (-14,4%) et des permis de construire (-5,6%)

Aux Etats-Unis, les mises en chantier de logements se sont nettement repliées en août 2014 (-14,4%), conséquence mécanique d’un fort rebond au mois précédent (+22,9%). Il s’agit de la plus forte chute depuis avril 2013. Sur un an, elles s’inscrivent en hausse de +8%.

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (juin, juillet, août 2014), les mises en chantier se sont légèrement tassées par rapport aux trois mois précédents (-0,5%). Leur nombre retombe ainsi sous le million d’unités en rythme annualisé (994 000) et se situe à un niveau inférieur de 23,9% à la moyenne des années 2000-2013.

Ainsi, le déficit de logements neufs continue de se creuser, compte tenu de l’évolution démographique et des nécessités de renouvellement du parc.

Les perspectives du marché de la construction résidentielle ne sont pas claires :

  • d’un côté, les permis de construire se sont repliés de -5,6% en août 2014, après un rebond de +8,6% en juillet. En moyenne mobile sur trois mois, ils sont en retrait de -1,2% par rapport aux trois mois précédents. Au nombre de 1 009 000, ils sont inférieurs de -25% à leur moyenne de longue période ;
  • de l’autre, la dernière enquête auprès des constructeurs sur le marché résidentiel annoncerait un redressement du marché du logement : l’indice NAHB (National Association of Home Builders) s’est en effet de nouveau accru en septembre 2014, atteignant son plus haut niveau depuis novembre 2005.

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