Projet de budget 2015 : des réformes insuffisantes qui pèsent sur la compétitivité de l’économie française

Alors que la croissance française reste atone et que le chômage est au plus haut, le MEDEF s’inquiète des projets de PLF et PLSS 2015 présentés ce jour. L’état dramatique des finances publiques, avec le cap symbolique des 2.000 milliards d’euros de dette franchi, pèse sur notre économie et est un frein à notre croissance.

Ainsi, malgré la mise en place du CICE, et le vote des mesures du Pacte de responsabilité dans le PLFR et PLFSSR pour 2014, le taux de marge des entreprises s’est encore dégradé au premier semestre 2014. Le PLF et le PLFSS pour 2015 auraient donc dû être l’occasion d’accélérer le retour à l’équilibre de nos finances publiques par un effort structurel et résolu de baisse des dépenses.

Le MEDEF regrette de constater qu’il n’en est rien. Les dépenses continuent de s’accroître d’environ 20 milliards par an, le déficit s’alourdit, et aucune mesure véritablement structurelle n’est envisagée.

La crise ne doit pas être un prétexte pour ajourner les réformes, notamment dans le champ de la protection sociale. Elle doit au contraire être une raison pour les accélérer. Réformer ne veut pas dire dégrader notre système : des réformes structurelles profondes sont possibles pour garder la qualité de notre protection sociale en étant plus efficient. Injecter toujours plus de ressources dans un système bloqué est une impasse à terme. Il faut désormais freiner les dépenses de structures en réformant, et en s’appuyant notamment sur les acteurs privés. Les efforts de ralentissement des dépenses de santé doivent être équilibrés. Or ils reposent de manière disproportionnée sur les produits de santé, au risque de pénaliser l’innovation, et insuffisamment sur les adaptations de l’hôpital public.

Pour Pierre Gattaz, président du MEDEF : « La méthode suivie n’est pas la bonne : l’absence de réformes réellement structurelles dans le champ des dépenses sociales, de l’Etat et des collectivités territoriales interdit toute inversion, pourtant indispensable, de la trajectoire des dépenses sociales. Plutôt que d’appliquer une politique du rabot porteuse ni d’efficacité ni d’avenir, il faut revoir le système lui-même – le « moteur » des dépenses publiques – et le régler en management et en process, pour en réduire significativement les dysfonctionnements. Améliorer l’efficience de notre secteur public est possible mais il nous faut un discours fort, une volonté politique déterminée, une stratégie cohérente et claire inscrite dans la durée. Nous avons formulé des propositions, notamment dans le cadre du projet « 1 million d’emplois », et les chefs d’entreprise sont prêts à s’impliquer activement pour trouver des solutions opérationnelles. Il y a urgence, c’est désormais un enjeu majeur de compétitivité. »

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