Pierre Gattaz sur Europe 1 : « Il faut nous écouter »

<p>Interrogé ce matin de Jean-Pierre Elkabbach sur EUROPE 1 sur la semaine de mobilisation qui démarre aujourd’hui, le président du Medef a souligné le « <i>ras-le-bol </i>» des patrons. « <i>Ras-le-bol d’une fiscalité qui continue d’augmenter, car les taxes continuent d’augmenter contrairement aux promesses du Pacte de responsabilité </i>». « <i>Ras-le-bol </i>» également « <i>des dispositifs antiéconomiques, qui augmentent le coût du travail, de la complexité </i>». La fiscalité, a précisé Pierre Gattaz, « <i>a augmenté depuis 2010 de l’ordre de 42 milliards (…) il faut baisser la fiscalité, nous n’en pouvons plus, nous sommes asphyxiés par les charges (…) Les chefs d’entreprise sont exaspérés, il faut les écouter </i>».</p>

Au-delà, « il faut restaurer la confiance » c’est-à-dire « revoir la loi pénibilité, la loi Hamon, le temps partiel minimum ». Certes, « nous entendons les discours » favorables aux entreprises « du Président de la République, de Manuel Valls, d’Emmanuel Macron ». Mais « nous avons besoin de mesures qui soient en conformité avec ces beaux discours, il nous faut des mesures concrètes qui soient en cohérence avec les propos tenus, c’est ce que nous n’avons pas aujourd’hui » car « les dispositifs pénibilité et Hamon sont en contradiction avec ces paroles », alors que « le vrai problème du pays, c’est le chômage, c’est le 0 % de croissance ». « Tout ce que je dis, tout ce que je fais, tout ce que je propose, c’est à l’aune de l’emploi », a rappelé le président du Medef. « Mon obsession, c’est l’emploi ».

Dans ce contexte, le Medef organise une semaine de mobilisation « pédagogique. Il faut que nos petits patrons et nos moyens et  grands patrons s’adressent aux élus, aux députés, aux citoyens pour expliquer les cas concrets de non-possibilité d’application de certaines dispositions ». Pour Pierre Gattaz, « le pays ne pourra pas s’en sortir si les chefs d’entreprise sont extrêmement inquiets ».

« La réalité est là : les patrons de terrain n’en peuvent plus ». Répondant vendredi aux questions des ECHOS (page 1-3), Pierre Gattaz a insisté sur la nécessité de faire des réformes structurelles. « Il faut arrêter d’augmenter les impôts et faire de vraies réformes structurelles. Tous les autres pays l’ont fait. Aujourd’hui, on ne l’a pas fait. Moralité : on cherche de nouvelles recettes ». Ainsi, « il y a encore eu 5 ou 6 milliards de nouvelles taxes votées sur les entreprises pour 2015 », a dénoncé le président du Medef. « Si tous les engagements de l’Etat sont tenus et qu’aucune nouvelle taxe ne vient s’ajouter, nous serons à peine revenus d’ici à fin 2007 au niveau de prélèvements de 2010. Pendant ce temps, l’écart de compétitivité avec l’Allemagne continue de se creuser, il a atteint 132 milliards en 2013 ».

Les derniers articles