MEDEF Actu-Eco de la semaine du 5 au 9 janvier

<p>FRANCE<br />1. Croissance du PIB au 3ème trimestre 2014 : +0,3%, après -0,1%<br />2. Situation des entreprises au 3ème trimestre 2014 : un taux de marge inférieur à celui de 2013, malgré le CICE<br />3. Situation des ménages au 3ème trimestre 2014 : hausse de +0,5% du pouvoir d’achat, en partie grâce à une baisse des prix<br />4. Dette des administrations publiques au 3ème trimestre 2014 : +82 milliards d’euros depuis fin 2013<br />5. Demandes d’emploi en novembre 2014 : +27 400 sur un mois, +189 700 sur un an (catégorie A)<br />6. Moral des ménages en décembre 2014 : poursuite du rebond de l’indicateur, malgré des craintes accrues concernant le chômage<br /><br />INTERNATIONAL<br />7. Tendances récentes des marchés : nouvelle dépréciation de l’euro (1€ = 1,18$, niveau du début 2006), retour du prix du pétrole à son niveau d’avril 2009 (51,5$ le baril de Brent) </p>

1. Croissance du PIB au 3ème trimestre 2014 : +0,3%, après -0,1%

* Les résultats détaillés des comptes nationaux, publiés le 23 décembre 2014, confirment globalement la première estimation et donc la croissance du PIB de +0,3% au 3ème trimestre 2014, après une baisse de -0,1% au trimestre précédent. L’acquis de croissance pour 2014 est donc de +0,3%. Le Consensus de décembre 2014 prévoit une croissance de +0,4% pour l’ensemble de l’année 2014 et de +0,8% pour 2015.

Cette progression du PIB au cours de l’été 2014 recouvre :

o    En termes de composante :

. une légère décélération de la consommation des ménages (+0,3%, après +0,5%) ;
. une accélération de la consommation des administrations publiques (+0,4%, après +0,6%) ;
. un recul des investissements pour le troisième trimestre consécutif (-0,6%), qui concerne les ménages (-1,7%) et les administrations publiques (-1,3%), alors qu’ils ont stagné pour les entreprises ;
. un rebond des exportations de biens et services après une stagnation au 2ème trimestre, et une accélération des importations.

o  En termes de production : 

. une progression de la production manufacturière (+0,5%, après -0,8% au 2ème trimestre)

. un recul dans la construction (-1%), pour le cinquième trimestre consécutif ;

. une nouvelle hausse dans les services marchands (+0,5%, après +0,1%).

2. Situation des entreprises au 3ème trimestre 2014 : un taux de marge inférieur à celui de 2013, malgré le CICE

1/ Selon les derniers résultats détaillés des comptes nationaux, le redressement de la valeur ajoutée des sociétés non financières au 3ème trimestre 2014 (+0,5%) compense le recul enregistré au printemps (-0,4%). Elle a progressé de +0,4% sur un an.

* La hausse des rémunérations s’est modérée (+0,2%), du fait du ralentissement des salaires bruts versés (+0,2%) revenus à 50,6% de la valeur ajoutée.

*En conséquence, l’EBE des sociétés non financières s’est redressé (+0,9%, après -2% au 2ème trimestre), et le  taux de marge s’est établi à 29,5% de la valeur ajoutée.

*Pour mémoire, le CICE est traité par la comptabilité nationale comme une subvention aux salaires, ce qui explique la forte augmentation des subventions au 1er trimestre 2014 (+0,9 point de valeur ajoutée), et le rebond du taux de marge en début d’année. Les deux trimestres suivants sont retombés au niveau du second semestre 2013.

*Le taux de marge moyen des trois premiers trimestres 2014 a baissé de -0,2 point par rapport à la moyenne 2013 pour s’établir à 29,6% de la valeur, soit 3,9 points de moins qu’en 2007. Et ce,  malgré un poids des impôts sur les facteurs de production le plus faible depuis 20101.

*En niveau absolu, l’EBE moyen des 3 premiers trimestres 2014 est inférieur de -5% à sa moyenne de 2007, et le profit distribuable de -7,5%. Dans le même temps, les rémunérations ont augmenté de 14%, 2 fois plus vite que la valeur ajoutée.

* Le montant annualisé  de l’EBE  des trois premiers trimestres 2014 est en recul  de -2,6%  par rapport à 2011, résultat d’une progression soutenue des rémunérations (+5%), plus du double de celle de la valeur ajoutée (+2,3%). 

Ce recul des marges s’explique par une progression du coût salarial supérieur aux gains de productivité. Dans le secteur marchand non agricole, le coût salarial horaire moyen des trois premiers trimestres 2014  a progressé  de +1,5% par rapport à son niveau de 2013, et de  +0,9% en termes réels (corrigé du prix de la valeur ajoutée). Dans le même temps, la productivité horaire des salariés n’aura augmenté que de +0,2%. La persistance d’un pareil écart ne peut que compromettre l’indispensable restauration des marges des entreprises, malgré le CICE, dont le montant effectivement décaissé en 2014 sera déjà moindre que celui anticipé (6,5 milliards d’euros dans le PLF selon le rapport du Comité de suivi du CICE, contre les 9,2 milliards pris en compte par les comptables nationaux qui imputent par convention la créance du CICE sur l’année où elle est constatée).

2/ L’épargne brute des sociétés non financières (autofinancement) s’est accrue de +0,6% au 3ème trimestre 2014, quasiment comme la valeur ajoutée, de sorte que sa part dans cette dernière est restée stable. Les investissements ont augmenté à un rythme moins marqué (+0,2%). Reste que le taux d’investissement moyen des trois premiers trimestres 2014 continue de s’affaiblir.
Au total, le taux d’autofinancement s’est redressé durant l’été. Sa moyenne des trois premiers trimestres 2014 (76,4%) marque un léger redressement  par rapport à 2013. Il reste  inférieur de 10 points à son niveau de 2007, et de 14 points à celui de 2000…

3. Situation des ménages au 3ème trimestre 2014 : hausse de +0,5% du pouvoir d’achat, en partie grâce à une baisse des prix

* Les résultats détaillés des comptes nationaux trimestriels mettent en évidence une nouvelle augmentation du revenu disponible brut (RDB) des ménages au 3ème trimestre 2014 : +0,5% en valeur comme au trimestre précédent. Pour mémoire, le RDB recouvre l’ensemble des revenus des ménages (revenus du travail, du capital, de transferts sociaux…) nets des impôts directs (IR, taxe d’habitation, CSG, CRDS).

Cette évolution recouvre :

–    une légère décélération de la masse salariale (+0,2%, après +0,4%), résultat combiné d’une hausse du salaire moyen par tête versé par les sociétés non financières (+0,3%) et d’une diminution de l’emploi (-0,1%) ;
–    une accélération des prestations sociales (+1%, après +0,4%), représentant un peu plus du tiers du RDB ;
–    une quasi-stagnation des impôts sur le revenu et le patrimoine (+0,1%, après -0,3%).

* Compte tenu de la baisse des prix des dépenses de consommation de la comptabilité nationale (-0,1%, après une stagnation au 2ème trimestre), le pouvoir d’achat du RDB des ménages s’est inscrit en hausse de +0,5% au 3ème trimestre 2014, comme au trimestre précédent. Par unité de consommation1, il a progressé de +0,4%.

* Au total, comme l’accroissement de la consommation des ménages (+0,3%) a été inférieur à celui de leur revenu disponible brut (+0,5%), leur taux d’épargne est passé de 15,6% à 15,8% du RDB entre le 2ème et le 3ème trimestre 2014, niveau un peu supérieur à la moyenne 2000-2013 (15,3%).
* Sur plus longue période, le RDB a progressé de +7,4% (en valeur) entre 2009 et la moyenne des trois premiers trimestres de 2014. Cette progression recouvre : +9,9% pour les salaires (secteur privé et secteur public confondus), +14,9% pour les prestations sociales, lesquelles représentent désormais près de 35% du RDB contre 31% en 2007-2008. Dans le même temps, les impôts directs ont augmenté de +23%.
En considérant la progression de +5,6% des prix sur la même période, le pouvoir d’achat du RDB s’est accru de +1,7% entre 2009 et 2014 (+4% pour la masse des salaires versés, +8,8% pour les prestations sociales).

1 – Système de pondération tenant compte de la composition du ménage (nombre de personnes, âge)

 

4. Dette des administrations publiques au 3ème trimestre 2014 : +82 milliards d’euros depuis fin 2013

* La dette publique au sens de Maastricht (dette brute) s’est établie à 2 031,5 milliards d’euros au 30 septembre 2014, soit 95,2% du PIB.

Elle est répartie par sous-secteur comme suit : 79,1% pour l’Etat, 11% pour les administrations de sécurité sociale, 8,8% pour les administrations publiques locales, 1% pour les organismes divers d’administration centrale (ODAC1).

* Entre fin décembre 2013 et fin septembre 2014, la dette publique a progressé de +82 milliards d’euros, soit +4,2%. Cette nouvelle hausse est imputable pour l’essentiel à l’accroissement de l’endettement de l’Etat (+73,7 milliards d’euros). Celui des administrations de sécurité sociale a augmenté de +12,7 milliards d’euros. En revanche, celui des ODAC et, plus encore, des collectivités locales se sont légèrement réduits (respectivement -1,3 et -3,1 milliards d’euros).

* Sur plus longue période, la dette publique a progressé de :

o    +782,6 milliards d’euros depuis fin 2007 ;
o    +1163,5 milliards d’euros depuis fin 2000.

5. Demandes d’emploi en novembre 2014 : +27 400 sur un mois, +189 700 sur un an (catégorie A)

* Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) en France métropolitaine a progressé de +27 400 personnes (+0,8%) en novembre 2014. Il atteint désormais 3 488 300 personnes, nouveau record historique. Cette hausse concerne, avec des ampleurs diverses, les hommes, les femmes et toutes les tranches d’âge.
En prenant également en compte les personnes en activité réduite (catégories B et C), le nombre total de demandeurs d’emploi a progressé de +22 100 postes (+0,4%), pour s’établir à 5 176 300 personnes.

* Entre novembre 2013 et novembre 2014, le nombre de demandeurs d’emploi de la catégorie A s’est accru de +189 700 personnes, soit +5,8%. Cette hausse recouvre :

– par sexe : une progression plus marquée chez les hommes que chez les femmes ;
– par tranche d’âge : une hausse généralisée, nettement plus marquée chez les 50 ans et plus (+11,1%) ;

– par région : un accroissement dans tous les régions françaises, DOM compris (de +0,7% à la Réunion à +11,1% en Corse), à l’exception de la Martinique (-2,4%).
 

* La durée moyenne des inscriptions à Pôle emploi (catégories A, B et C) a enregistré un nouveau record : 538 jours, contre 508 un an plus tôt. Le nombre de chômeurs de longue durée (un an ou plus) a progressé de +9,3% (+18,9% pour les personnes au chômage depuis 3 ans ou plus).

6. Moral des ménages en décembre 2014 : poursuite du rebond de l’indicateur, malgré des craintes accrues concernant le chômage

La confiance des ménages s’est améliorée pour le deuxième mois consécutif en décembre 2014. L’indicateur synthétique est à son plus haut niveau depuis juin 2012, mais reste nettement inférieur à sa moyenne des années 2000-2013.

Dans le détail, cette situation à la fin de l’année recouvre :

–    une perception plus favorable des ménages concernant leur situation financière future. Malgré cela, les ménages sont un peu moins nombreux à considérer comme opportun de faire « des achats importants » et beaucoup plus nombreux à estimer qu’il est opportun d’épargner ;

–    un nouveau redressement attendu du niveau de vie futur en France, avec un solde d’opinion toutefois inférieur à la moyenne de longue période ;
–    des craintes en hausse concernant le marché de l’emploi : le solde d’opinion relatif au chômage est à son plus haut niveau depuis juin 2013 ;
–    un net recul attendu de l’inflation : le solde d’opinion a atteint son plus bas niveau depuis février 2010.

7. Tendances récentes des marchés : nouvelle dépréciation de l’euro (1€ = 1,18$, niveau du début 2006), retour du prix du pétrole à son niveau d’avril 2009 (51,5$ le baril de Brent) 

 

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