MEDEF Actu-Eco de la semaine du 12 au 16 janvier

<p>FRANCE<br />1. Balance commerciale en novembre 2014 : -56 milliards d’euros en cumul sur un an, niveau le plus faible depuis janvier 2011<br />2. Production manufacturière en novembre 2014 : -0,6% sur un mois, stagnation en moyenne mobile sur trois mois<br />3. Construction de logements en novembre 2014 : moins de 300 000 mises en chantier en cumul sur un an, plus bas niveau depuis fin 1998<br />4. Tensions sur le marché du travail au 3ème trimestre 2014 : légère baisse des entrées à Pôle emploi et hausse des offres collectées<br />5. Bilan démographique 2014 : augmentation de la population totale, baisse de la population en âge de travailler, espérances de vie en hausse</p> <p>INTERNATIONAL<br /> 6. Climat des affaires aux Etats-Unis en décembre 2014 : ralentissement de l’activité<br /> 7. Tendances récentes des marchés : prix du pétrole désormais inférieur à 50$ le baril de Brent, baisse du cours des matières premières</p>

1. Balance commerciale en novembre 2014 : -56 milliards d’euros en cumul sur un an, niveau le plus faible depuis janvier 2011

 
* Le déficit FAB-FAB des échanges de marchandises s’est réduit de plus d’un milliard d’euros en novembre 2014, passant de -4,3 milliards d’euros en octobre dernier à -3,2 milliards d’euros.

Les exportations ont continué de progresser (+0,6%) notamment grâce aux excellentes performances de l’industrie aéronautique, tandis que les importations se sont repliées (-1,9%), du fait de la forte contraction des achats énergétiques.

* En glissement sur douze mois, le déficit commercial s’est nettement réduit, retrouvant son niveau le plus faible depuis janvier 2011 (-56 milliards d’euros). Les échanges ont continué de se contracter en valeur : -0,1% pour les exportations (16ème mois consécutif de baisse), -1,2% pour les importations (20ème mois consécutif de baisse).

* En données FAB-CAF (pour une analyse sectorielle et géographique), le déficit, toujours en glissement sur douze mois, est passé de -78,9 milliards d’euros en novembre 2013 à -73,3 milliards d’euros en novembre 2014, soit une réduction de 5,7 milliards d’euros. Cette évolution recouvre :

Par secteur :
o    un creusement du déficit industriel, de -24,4 à -26,5 milliards d’euros (à noter : l’excédent pharmaceutique a été divisé par deux) ;
o    une nette réduction du déficit énergétique, de 10 milliards d’euros, imputable à la baisse de -11,5% des importations, en liaison avec la baisse des cours mondiaux ;
o    un effritement de l’excédent agroalimentaire de +11,3 à +9,4 milliards d’euros.

Par zone géographique :
o    une réduction du déficit de nos échanges avec l’Europe (de -37,6 à -33,3 milliards d’euros pour l’Union européenne, de -10,7 à -9,3 milliards d’euros pour l’Europe hors UE) et avec l’Amérique (de -2,1 à -1,4 milliards d’euros) ;
o    une stagnation du déficit avec l’Asie à -23,8 milliards d’euros ;
o    une réduction du déficit avec le Proche et Moyen Orient (+1,1 milliard d’euros), mais un accroissement de celui avec l’Afrique à +1,5 milliard d’euros.

2. Production manufacturière en novembre 2014 : -0,6% sur un mois, stagnation en moyenne mobile sur trois mois

 
* La production dans l’ensemble de l’industrie s’est repliée pour le deuxième mois consécutif en novembre 2014 : -0,3%, après -0,7% en octobre.

Dans le seul secteur manufacturier, la production s’est également repliée (-0,6%, après -0,1%). Cette baisse se retrouve dans l’ensemble des sous-secteurs, à l’exception de la fabrication d’équipement qui a progressé de +0,7%.

Les baisses ont cependant été d’ampleurs diverses :
. -5,7% dans la cokéfaction et le raffinage, en raison notamment de la maintenance d’une raffinerie ;
. -3,4% pour la fabrication de matériels de transport : construction aéronautique et spatiale notamment, +0,2% dans l’automobile ;
. -1,6% dans les industries agroalimentaires ;
. -0,1% pour la fabrication d’ « autres produits industriels ».

* En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (septembre, octobre, novembre 2014), la production manufacturière a stagné par rapport aux trois mois précédents (-0,5% sur un an). Cette évolution recouvre :
–    un repli de la fabrication de matériels de transport (-2,8%), dont -3,1% pour l’automobile ;

–    une stagnation de la production des industries agricoles et alimentaires ;

–    une progression de la production de +0,1% dans les « autres produits industriels » (dont -2,5% dans le bois et papier, -1% dans la chimie, +4,5% dans la pharmacie), de +0,5% dans les biens d’équipement, et de +9% dans la cokéfaction et le raffinage.

Ainsi, la production manufacturière en France reste inférieure de -17% à son point haut du 1er trimestre 2008, comme d’ailleurs au Portugal. Ceci contraste avec l’Allemagne, dont la production a quasiment retrouvé son niveau d’avant crise et avec le Royaume-Uni, où elle lui est inférieure de -5%. En revanche, la production industrielle se situe -25% en Italie (dernier point connu : octobre 2014) et -27% en Espagne en dessous du niveau du 1er trimestre 2008.

3. Construction de logements en novembre 2014 : moins de 300 000 mises en chantier en cumul sur un an, plus bas niveau depuis fin 1998

Le marché de la construction résidentielle reste mal orienté à la fin de l’année 2014.

* En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (septembre, octobre, novembre 2014), les mises en chantier se sont repliées de -0,9% par rapport aux trois mois précédents (données corrigées des variations saisonnières).

Dans le même temps, les permis de construire se sont repliés de -14,2%.

* En glissement sur douze mois, les mises en chantier ont baissé de -11,6% entre novembre 2013 et novembre 2014, soit -39 412 logements nouveaux en moins. Elles sont ainsi retombées sous la barre des 300 000 unités, plus bas niveau depuis octobre 1998. Elles sont inférieures de -21,4% à la moyenne des années 2000-2013.

Dans le détail, ce repli des mises en chantier en France se retrouve dans toutes les régions de la métropole, à l’exception de l’Alsace (+3%). Les évolutions sont toutefois d’ampleurs disparates : de -26,2% en Lorraine à -2,2% en Ile-de-France, en passant par -9,1% en Corse et -17,9% en Bretagne. Dans les Départements et Régions d’Outre-Mer, les mises en chantier se sont repliées de -10,5%.

Dans le même temps, les permis de construire ont baissé de -12,3% par rapport à novembre 2013. Ils retombent ainsi à 381 100 unités, plus bas niveau depuis l’été 2002, soit inférieur de -19% à la moyenne de longue période.

* Selon la Fédération Française du Bâtiment (FFB), l’année 2015 ne sera toujours pas celle de la reprise pour le bâtiment. Le marché du logement neuf atteindrait son point bas avec une très légère hausse de ses mises en chantier (304 000 unités, en date de prise en compte). Toutefois, toujours selon la FFB, le logement neuf poursuivrait son repli sans les mesures bénéfiques de relance annoncées en 2014 par la Gouvernement (dispositif « Pinel », renforcement du prêt à taux zéro  notamment).

4. Tensions sur le marché du travail au 3ème trimestre 2014 : légère baisse des entrées à Pôle emploi et hausse des offres collectées

* L’indicateur de tensions sur le marché du travail (flux d’emploi collectés par Pôle emploi / entrées à Pôle emploi) s’est redressé au 3ème trimestre 2014 (+1,8%), hausse annulant la baisse enregistrée au trimestre précédent (-1,8%).

Cette progression résulte d’un double : légère baisse des entrées à Pôle emploi (-0,3%) et hausse des offres collectées par Pôle emploi (+1,2%). Ces dernières restent inférieures de 30% à leur niveau de 2007, alors que les entrées dépassent le leur de 18%.

L’indicateur de tensions s’inscrit en retrait de -2,2% par rapport à son niveau du 3ème trimestre 2013 et de -31,3% par rapport à sa moyenne des années 2000-2013.

Cette légère remontée de l’indice se retrouve dans tous les grands secteurs :

–    Tertiaire (commerce et services) : hausse de +1,5% de l’indice (-1,5% sur un an), pour le deuxième trimestre consécutif, mais il reste inférieur de 28% à sa moyenne des années 2000-2013. Les tensions ont augmenté (ou sont restées stables) dans tous les domaines professionnels du tertiaire à l’exception de l’ « hôtellerie, restauration, alimentation » ;

–    Industrie : hausse de +4,1% de l’indice (+5,6% sur un an), après deux trimestres consécutifs de baisse, résultat d’une hausse des offres collectées (+3%) et d’une légère baisse des entrées (-1%). Il est toujours inférieur à sa moyenne de longue période (-14,3%). Les tensions ont progressé dans l’ensemble des domaines professionnels de l’industrie avec une hausse marquée dans la mécanique et la maintenance ;

–    Bâtiment et travaux publics : hausse de +4,5% de l’indice (-14,6% sur un an), après quatre trimestres consécutifs de baisse, sous l’effet d’une hausse des offres collectées (+3%) et d’une quasi-stagnation des entrées (-0,3%). Cependant, l’indice reste très inférieur à sa moyenne de longue période (-53,9%). Les tensions augmentent dans tous les métiers à l’exception des « ouvriers qualifiés des travaux publics, du béton et de l’extraction ».

5. Bilan démographique 2014 : augmentation de la population totale, baisse de la population en âge de travailler, espérances de vie en hausse

*Selon le « bilan démographique 2014 » que vient de publier  l’INSEE, la France comptait, y compris Mayotte, 66,3 millions d’habitants au 1er janvier 2015 (64,2 millions en France métropolitaine et 2,1 millions dans les cinq départements d’outre-mer), soit quelque 300 000 de plus qu’en 2013 (+0,4%), correspondant à la somme d’un solde naturel de +264 000 (820 000 naissances et 556 000 décès) et d’un solde migratoire estimé de +33 000. La population française a augmenté de +3 6 millions en 10 ans (+3,3 millions hors Mayotte).

La France représente ainsi 13% de la population européenne, se situant entre l’Allemagne (15,9%) et le Royaume-Uni (12,7%). L’écart avec ces deux pays s’est resserré depuis 10 ans : l’Allemagne compte 14,8 millions d’habitants de plus que la France en 2014, contre 20,3 millions en 2004. A l’inverse, le Royaume-Uni compte 1,7 million d’habitants de moins que la France, contre 2,5 millions en 2004…

* Le vieillissement de la France continue : depuis 10 ans, le nombre des 60 ans ou plus a augmenté de près de 3,3 millions, et celui  des jeunes de moins de 20 ans de 524 000. La part relative de ces deux tranches d’âges sont désormais identiques, représentant chacune un peu moins de 25% de la population totale. Sur les 18,4% d’habitants de 65 ans ou plus en 2014, près de la moitié ont au moins 75 ans (9,1% de la population totale, contre 8% en 2005).

Dans le même temps,  la population en âge de travailler (20-59 ans) a baissé de -205 000, et sa part dans la population totale est tombée de 54 à  50,8%. Même en en élargissant le champ aux 20-64 ans, sa part a baissé de 58,4% à 56,9%.


*Deux points positifs doivent être soulignés :

– D’une part, le nombre de naissance s’est stabilisé, alors qu’il tendait à diminuer depuis 2010. Il est remonté à 813 000 en 2014 (811 500 en 2013), et 820 000 en incluant Mayotte.

Cette stabilisation des naissances résulte de l’effet combiné de deux facteurs : une baisse de la population féminine en âge de procréer et une hausse du taux de fécondité (2,01 enfants par femme). La France est, avec l’Irlande, le seul pays européen à avoir maintenu ce taux supérieur à 2 (la moyenne européenne était de 1,58 enfant par femme en 2012).

– D’autre part, les espérances de vie sont en hausse. Une femme née en 2014 vivrait en moyenne 85,4 ans (85 ans en 2013) et un homme né en 2014 vivrait en moyenne 79,2 ans (78,7 ans en 2013). En 20 ans, l’espérance de vie des femmes a augmenté de 3,6 ans (2,2 mois par an)  et celle des hommes de 5,6 ans (3,4 mois par an).  L’espérance de vie à 60 ans augmente aussi régulièrement depuis 20 ans : +2,7 ans pour les femmes  (27,7 ans en 2014)  et +3,4 ans pour les hommes (23,1 ans en 2014)). Que ce soit à la naissance ou à 60 ans, l’écart entre les deux sexes ne cesse de se réduire.

La France est dans le trio de tête des pays européens pour l’espérance de vie des femmes comme des hommes. C’est une bonne nouvelle pour elle, en même temps qu’une contrainte forte pour la gestion de ses finances sociales.

6. Climat des affaires aux Etats-Unis en décembre 2014 : ralentissement de l’activité

* Selon la dernière enquête réalisée auprès des directeurs d’achat, l’évolution du climat des affaires aux Etats-Unis a déçu à la fin de l’année.

* Dans le secteur manufacturier, l’indice synthétique ISM s’est une nouvelle fois replié en décembre 2014.
Dans le détail, ce recul de l’indice synthétique est le résultat notamment du net repli des carnets de commandes globaux, l’indice étant retombé à son plus bas niveau depuis mai 2014. La baisse de l’indice relatif aux carnets de commandes à l’exportation et de celui relatif à la production a été moins marquée. En revanche, l’indice concernant l’emploi s’est inscrit en hausse.

* Dans le même temps, dans le secteur non manufacturier, l’indice synthétique ISM s’est lui aussi contracté en décembre dernier, après avoir progressé en novembre.

Là aussi, les composantes production et carnets de commandes ont baissé. En revanche, à la différence du secteur manufacturier, l’indice relatif à l’emploi s’est légèrement replié.

* Au total, dans le secteur manufacturier comme non manufacturier, les indices synthétiques sont supérieurs à leur moyenne de longue période (2000-2013) ainsi qu’à la ligne des 50 (seuil délimitant la zone de contraction de la zone d’expansion de l’activité). Ceci traduit donc une modération de la croissance de l’activité aux Etats-Unis et non une contraction.

7. Tendances récentes des marchés : prix du pétrole désormais inférieur à 50$ le baril de Brent, baisse du cours des matières premières 

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