MEDEF Actu-Eco de la semaine du 19 au 23 janvier

<p>FRANCE<br />1. Financement des ETI et des grandes entreprises en janvier 2015 : nouvelle baisse des délais de paiement, détente des conditions de crédits<br />2. Prix à la consommation en décembre 2014 : -0,3% sur trois mois, +0,1% sur un an, rythme le plus faible depuis juin 2008<br />3. Défaillances d’entreprises en novembre 2014 : +0,9% en cumul sur un an, dont +1,4% pour les microentreprises<br />4. Structure et évolution des exonérations de cotisations sociales en 2013 : -6,4% par rapport à 2012, essentiellement imputable à la suppression de l’exonération des heures supplémentaires<br /><br /><br />INTERNATIONAL<br />5. Nouvelle perspectives économiques du FMI : croissance mondiale de +3,5% en 2015, après +3,3% en 2014<br />6. Tendances récentes des marchés : nette remontée du cours de l’or, à son niveau d’août 2014<br /><br /></p>

1. Financement des ETI et des grandes entreprises en janvier 2015 : nouvelle baisse des délais de paiement, détente des conditions de crédits

Selon la dernière enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode en janvier 2015 auprès des trésoriers des ETI de 500 salariés ou plus et des grandes entreprises :

–    impact positif de la baisse des cours du pétrole et de la dépréciation de l’euro par rapport au dollar sur la situation de trésorerie des entreprises ;
–    situation de trésorerie d’exploitation de nouveau jugée difficile ;
–    nouvelle réduction des délais de paiement des clients, avec un solde d’opinion au niveau de 2010-2011 ;
–    marges bancaires appliquées sur les crédits en baisse pour le onzième mois consécutif, signe de la nouvelle détente des conditions de crédit pour les ETI et les grandes entreprises ;
–    confirmation d’une recherche de financement toujours facile, et ceci depuis dix mois.

2. Prix à la consommation en décembre 2014 : -0,3% sur trois mois, +0,1% sur un an, rythme le plus faible depuis juin 2008

* En données brutes, l’indice des prix à la consommation a progressé de +0,1% en décembre 2014, après une baisse de -0,2% au mois précédent. En données corrigées des variations saisonnières, il a reculé de -0,1% comme en novembre dernier.

Cette baisse se retrouve dans toutes les catégories de biens, à l’exception des services dont les prix ont augmenté de +0,1% :
. -0,1% pour les produits alimentaires ;
. -0,2% pour les produits manufacturés ;
. -2,1% pour les produits énergétiques.

Hors tarifs publics (électricité, gaz, tabac, etc.) et produits à prix volatils (produits pétroliers, produits laitiers, viandes, etc.), c’est-à-dire l’inflation sous-jacente, les prix ont progressé de +0,1%, après -0,1% en novembre.

* Entre septembre et décembre 2014, les prix se sont repliés de -0,3% (-1,1% l’an), après +0,2%  entre juin et septembre. Cette contraction recouvre des évolutions contrastées selon les catégories de biens :

–    repli de -0,6% des prix des produits manufacturés (dont -0,3% pour l’habillement et chaussures, -0,8% pour les produits de santé) et de -2,1% de ceux des produits énergétiques (dont -6,4% pour les produits pétroliers) ;
–    stabilité des prix des produits alimentaires (dont +0,9% pour les produits frais) et hausse de +0,3% de ceux des services (dont +0,1% pour les loyers, +0,3% pour les services de santé, +0,4% pour les transports et télécommunications).

* Sur un an, les prix ont continué de ralentir en décembre, en hausse de +0,1%, rythme le plus faible depuis juin 2009. L’indice des prix sous-jacent s’est replié pour le deuxième mois consécutif (-0,1%).

3. Défaillances d’entreprise en novembre 2014 : +0,9% en cumul sur un an, dont +1,4% pour les microentreprises

* Selon les données provisoires de la Banque de France, les défaillances d’entreprises se sont établies à 63 143 unités légales en novembre 2014, en cumul sur un an. En dépit du tassement observé en cours d’année (-1,5% en glissement sur trois mois en données cvs), elles ont progressé de +0,9% par rapport à novembre 2013 en données brutes (+592).

* Dans le détail, par taille d’entreprise, les défaillances  se sont accrues de +1,4% sur un an pour les microentreprises (toujours en cumul sur douze mois), qui représentent plus de 9 défaillances sur 10. A l’opposé, elles se sont repliées de -6,6% pour les PME hors microentreprises (7,1% du total) et de -16,7% pour les ETI et les grandes entreprises (0,1% du total).

* Par secteur d’activité, l’évolution des défaillances d’entreprise a été contrastée :

–    repli dans l’industrie, dans le soutien aux entreprises, dans l’information et la communication, et, plus encore, dans les transports et entreposage (-5,4%) ;
–    légère progression dans le commerce, la construction, ces deux secteurs représentant plus de la moitié de l’ensemble des défaillances, et dans l’enseignement et la santé ;
–    progression plus marquée dans les activités immobilières, l’hébergement et la restauration, l’agriculture, et surtout dans les activités financières et d’assurance (+12,1%).

4. Evolution et structure  des exonérations de cotisations sociales en 2013 : -6,4% par rapport à 2012, essentiellement imputable à la suppression de l’exonération des heures supplémentaires

Selon une publication récente de l’Acoss (Acoss stats n°204 – décembre 2014), le montant des exonérations de cotisations de sécurité sociale se sont inscrites, en 2013, en baisse de -1,8 milliard d’euros (-6,4%), pour la cinquième année consécutive. Elles représentent désormais 25,7 milliards d’euros, soit 8% de l’ensemble des cotisations dues aux Urssaf (hors cotisations chômage et AGS – régime de garantie des salaires). La part des exonérations compensées ou financées par l’Etat s’élèvent à 89,8%.

Dans le détail, il existe quatre grandes catégories d’exonérations :

–  Les mesures générales d’encouragement à la création d’emploi, à la réduction du temps de travail (RTT) et au pouvoir d’achat (78,7% du total des exonérations en 2013) : elles se sont repliées de -9,3% en 2013 (-2,1 milliards d’euros), expliquant ainsi la baisse générale. Mais  cette évolution recouvre :

o    une très faible progression des allègements généraux sur les bas salaires (+0,6%), qui représentent 76,7% du total des exonérations ;
o    un repli de -80,9% des exonérations sur les heures supplémentaires instaurées par la loi TEPA, « en raison de l’abrogation de la majeure partie du dispositif par la loi de finances rectificatives d’août 2012 » ;

–  Les exonérations spécifiques, qui se sont inscrites en hausse de +6,1% en 2013, évolution recouvrant :

o    une progression de +5,6% des mesures en faveur de publics particuliers (7,9% du total), « essentiellement en raison de la création des emplois d’avenir » ;
o    une stagnation (+0,1%) des mesures en faveur de l’emploi dans certaines zones géographiques (5,2% du total), dont les ¾ à destination des DOM ;
o    une hausse de +10,8% des mesures en faveur de secteurs particuliers et autres mesures (8,2% du total). « Cette progression résulte principalement de la nouvelle déduction forfaitaire pour les particuliers employeurs ».

5. Nouvelles perspectives économiques du FMI : croissance mondiale de +3,5% en 2015, après +3,3% en 2014

Le Fonds Monétaire International (FMI) vient de publier une actualisation de ses « Perspectives économiques mondiales ». Sa prévision de la croissance mondiale pour 2015 a été révisée à la baisse par rapport à celle d’octobre 2014 (+3,5%, contre +3,8%).
La baisse du prix du pétrole, coup d’accélérateur à la croissance mondiale (accroissement du pouvoir d’achat et de la demande privée dans les pays importateurs nets de pétrole), serait plus que compensée par des facteurs négatifs, dont notamment la faiblesse de l’investissement.

* Toutefois, la croissance  serait un peu plus forte en 2015 qu’en 2014. Cette légère accélération confirme des divergences prononcées entre les grandes zones :

– Accélération de la croissance dans les pays développés (+2,4%, après +1,8% en 2014), avec également des contrastes selon les pays :

o    rebond de la croissance aux Etats-Unis (+3,6%, après +2,4%), « la demande intérieure profitant de la baisse des prix du pétrole, de la modération de l’ajustement des finances publiques et du soutien persistant d’une politique monétaire accommodante », même si l’appréciation récente du dollar devrait impacter les exportations. C’est la seule grande économie qui a enregistré une révision à la hausse de sa croissance (+3,1% pour 2015 dans la prévision d’octobre) ;
o    rebond modeste de l’activité au Japon (+0,6%, après +0,1%), du fait, selon le FMI, d’un assouplissement supplémentaire de la politique monétaire, du report du deuxième relèvement du taux de taxe à la consommation, ainsi que de la baisse des prix du pétrole et de la dépréciation du yen ;
 
o    croissance soutenue au Royaume-Uni, dont la prévision d’octobre 2014 a été confirmée en janvier (+2,7% en 2015, après +2,6% en 2014) ;
o    reprise un peu plus lente que prévu dans la zone euro (+1,2%, contre +1,4% dans la précédente prévision, après +0,8% en 2014). Selon le FMI, l’activité serait soutenue par la baisse des prix du pétrole, un nouvel assouplissement de la politique monétaire, une politique budgétaire plus neutre et par la dépréciation récente de l’euro. En revanche,  elle serait pénalisée par l’affaiblissement des perspectives d’investissement, tant dans les pays européens que dans les pays à la grande exportation.

Dans le détail :
       Léger ralentissement de la croissance en Allemagne (+1,3% en 2015, après +1,5% en 2014) ;
       Accélération de la croissance en France, tout en restant inférieure à +1% (+0,9%, après +0,4% en 2014) ;
       Sortie de récession en Italie, même si la croissance a été révisée à la baisse (+0,4%, contre +0,9% dans la prévision d’octobre, après -0,4% en 2014) ;
       Accélération de la croissance en Espagne, avec une révision à la hausse de la prévision (+2%, contre +1,7%, après +1,4% en 2014) ;

– Maintien de la croissance dans les pays émergents au rythme de 2014 (+4,3%, contre +4,9% dans la prévision d’octobre, après +4,4% en 2014), évolution imputable à trois facteurs principaux :

o    ralentissement de la croissance en Chine,  avec un  impact défavorable  sur les autres pays émergents d’Asie (+6,8% en 2015, contre +7,1% dans la précédente estimation, après +7,4% en 2014), en raison notamment du nouveau ralentissement de l’investissement. En Inde, les prévisions sont quasiment inchangées (+6,3%, après +5,8% en 2014), « l’affaiblissement de la demande extérieure étant compensée par l’amélioration des termes de l’échange qui résulte de la baisse des prix du pétrole, ainsi que par un redressement de l’activité industrielle et de l’investissement après les réformes qui ont été menées » ;
o    détérioration sensible des perspectives en Russie (-3%, contre +0,5% dans la prévision d’octobre, après +0,6% en 2014), en raison de « l’impact économique de la forte baisse des prix du pétrole et de la montée des tensions géopolitiques » ;
o    révision à la baisse de la croissance potentielle dans les pays exportateurs de produits de base, en raison de la baisse  des cours mondiaux qui affectent massivement leurs revenus réels (Afrique et Amérique latine notamment).

* Au total, ces prévisions, au dire même  du FMI, restent soumises à plusieurs aléas :

–    un aléa positif : la baisse des prix du pétrole, « bien que la durée du choc sur l’offre de pétrole soit incertaine » ;
–    des aléas négatifs : la volatilité des marchés financiers, la stagnation de l’activité et l’inflation quasiment nulle dans la zone euro, et les risques géopolitiques toujours élevés.

6. Tendances récentes des marchés : nette remontée du cours de l’or, à son niveau d’août 2014 

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