MEDEF Actu-Eco de la semaine du 2 au 6 février

<p>FRANCE<br />1. Forte révision à la hausse des budgets d’investissement dans l’industrie manufacturière : +2% pour 2014 et +3% pour 2015<br />2. Dépenses de consommation des ménages en biens en décembre 2014 : +1,5% sur un mois, -0,2% sur l’ensemble de l’année 2014<br />3. Constructions de logement en décembre 2014 : 298 000 mises en chantier, plus bas niveau depuis 1997<br />4. Prévisions de la Commission européenne pour 2015-2016 – France : lente reprise, taux de chômage toujours élevé, légère réduction du déficit public<br /><br />EUROPE<br />5. Prévisions de la Commission européenne pour 2015-2016 – zone euro : accélération de la croissance, inversion du chômage dans la majorité des pays, baisse des prix en 2015<br /><br />INTERNATIONAL<br />6. Climat des affaires aux Etats-Unis en janvier 2015 : nouveau ralentissement de l’activité manufacturière<br />7. Tendances récentes des marchés : raffermissement des cours du pétrole, de l’euro, des actions.</p><p></p>

1. Forte révision à la hausse des budgets d’investissement dans l’industrie manufacturière: +2% pour 2014 et +3% pour 2015

L’INSEE vient de publier sa dernière enquête sur les budgets d’investissement dans l’industrie manufacturière (25% de l’investissement productif en France). Les industriels interrogés en janvier 2015 annoncent :

  • une hausse de +2% de leurs projets d’investissement pour l’année 2014, alors qu’ils prévoyaient une stagnation de ces derniers dans l’enquête d’octobre ;
  • une progression de +3% pour 2015, contre une prévision de -3% en octobre 2014.

Cette double révision à la hausse correspond à un relèvement de +8 points des prévisions d’investissement entre les enquêtes d’octobre 2014 et de janvier 2015.

A court terme, les industriels anticipent une hausse de leurs investissements entre le second semestre 2014 et le premier semestre 2015.

* Même si ces prévisions pour 2015 sont confirmées, les budgets d’investissement resteraient inférieurs de -5,4% à leur niveau de 2007, avant le début de la crise.
* Sectoriellement, ce relèvement des budgets prévus pour 2015 se retrouve dans tous les secteurs :

.+1% dans les industries agroalimentaires (contre -8% dans l’enquête d’octobre) et dans la fabrication de biens d’équipements (contre -1%) ;
. +4% dans les autres industries (contre -3% dans l’enquête précédente) ;
.+5% dans la fabrication de matériels de transport (contre -2% dans l’enquête d’octobre), dont +10% pour les seules automobiles (contre -8%).

Les budgets pour 2015 sont mieux orientés que ceux pour 2014 dans la fabrication de matériels de transport et dans les autres industries. En revanche, ils sont moins bien orientés dans les industries agroalimentaires  et dans la fabrication de biens d’équipements.
 
 

2. Consommation des ménages en biens en décembre 2014 : +1,5% sur un mois, -0,2% sur l’ensemble de l’année 2014

* Les dépenses de consommation des ménages en biens (représentant 50% de la totalité de la consommation en biens et services) ont progressé de +1,5% en décembre 2014 (en volume), après +0,2% en novembre.

Cette hausse résulte notamment du rebond de la consommation des ménages en énergie (+6,9%), après trois mois consécutifs de baisse, « notamment du fait des dépenses en fuel et en carburant ».
Les dépenses alimentaires et en textile-cuir ont également augmenté (respectivement +0,7% et +1,4%).
En revanche, les achats liés à l’automobile et à l’équipement du logement se sont repliés (respectivement -0,3% et -0,9%).

* Au 4ème trimestre 2014, les achats des ménages ont quasiment stagné (+0,1% par rapport au trimestre précédent).
Cette évolution recouvre des disparités selon les catégories de biens :

–    repli de -0,3% des achats liés à l’automobile (-1% au 3ème trimestre 2014) et de -2,3% des dépenses énergétiques (+1,2% au trimestre précédent), « du fait de la baisse des dépenses pour le chauffage en octobre, liée aux températures plus élevées que les normales saisonnières » ;
–    progression de +0,5% des achats en textile-cuir (+0,2% au 3ème trimestre), de +0,7% des dépenses alimentaires, après deux mois de quasi-stabilité, et de +1,8% de celles liées à l’équipement du logement.
 
 
* Au total, sur l’ensemble de l’année 2014, les dépenses des ménages reculent de nouveau légèrement : -0,2% en moyenne annuelle, après -0,3% en 2013 et -0,8% en 2012. Ce repli est entièrement imputable au recul des dépenses énergétiques (-5,7%,  après +0,8% en 2013), en raison de la douceur de l’hiver.

La consommation dans toutes les autres catégories de biens s’est inscrite en hausse, avec notamment une progression de +7,5% des achats en équipement du logement, après +2,8% en 2013. La remontée des salaires réels permise par la désinflation jusqu’à la fin 2014 devrait conforter celle des achats en ce début d’année.

3. Constructions de logement en décembre 2014 : 298 000 mises en chantier, plus bas niveau depuis 1997

Le marché de la construction résidentielle a continué de s’effriter à la fin de l’année 2014. En moyenne, au 4ème trimestre 2014, les mises en chantier de logement se sont contractées de -6,9% par rapport au trimestre précédent (données corrigées des variations saisonnières). Dans le même temps, les permis de construire se sont repliés de -11,3%.

* Entre 2013 et 2014, les mises en chantier se sont contractées de -10,6%, soit une baisse de plus de 35 000 logements nouveaux. Elles se sont ainsi établies à 298 000 unités, le plus bas niveau depuis 1997. Elles sont inférieures de -21,8% à leur moyenne des années 2000-2013 et de -24,5% à la moyenne d’avant-crise (2000-2007).

Dans le détail, cette réduction des mises en chantier en France se retrouve dans toutes les régions de la métropole, à l’exception de l’Alsace (+16%). Cependant, les évolutions d’une région à l’autre sont très disparates, de -1,7% dans les Pays de la Loire à +23,2% en Bourgogne. Dans les Départements et Régions d’Outre-Mer, les mises en chantier se sont repliées de -12,4%.

Dans le même temps, les permis de construire ont baissé de -12,3% par rapport à 2013. Ils retombent ainsi à 380 000 unités, au plus bas depuis 1999 et niveau inférieur de -19,1% à leur moyenne de longue période (2000-2013).

* Pour mémoire, selon la dernière conférence de presse de la Fédération Française du Bâtiment (16 décembre 2014), l’année 2015 ne sera toujours pas celle de la reprise pour le bâtiment. En revanche, un point bas pourrait avoir été atteint : la FFB anticipe 304 000 mises en chantier pour 2015, grâce aux diverses mesures de relance annoncées par le gouvernement.

4. Prévisions de la Commission européenne pour 2015-2016 – France : lente reprise, taux de chômage toujours élevé, légère réduction du déficit public

* Selon les dernières prévisions de la Commission européenne (Winter forecast), la croissance du PIB en France devrait légèrement s’accélérer en 2015 et 2016 : respectivement +1% puis +1,8%, après +0,4% en 2014 (+0,7% et +1,5% dans Autumn forecast).
Cette lente reprise devrait s’accompagner d’un taux de chômage encore élevé (10,4% de la population active en 2015, 10,2% en 2016) et d’une inflation nulle en 2015 et encore faible en 2016 (+1%).

* L’accélération très progressive de la croissance en 2015 puis en 2016, résulterait de l’effet combiné de plusieurs facteurs :

  • accroissement de la consommation privée (+1,5% en 2015 et +1,6% en 2016), soutenue, selon la Commission européenne, « par le dynamisme des salaires, une inflation faible, une réduction de la facture énergétique et l’annonce de réduction d’impôts pour les ménages aux revenus modestes » ;
  • légère accélération des investissements en 2015 (+0,6%), nettement plus marquée en 2016 (+4,3%) grâce « à l’impact du CICE, du Pacte de responsabilité ainsi que du plan d’investissement Juncker » ;
  • contribution légèrement négative du commerce extérieur à la croissance : accélération des exportations (+4,2% en 2015, puis +5,5% en 2016) grâce au rebond attendu de la demande mondiale, mais accélération également des importations (+4,3% en 2015, puis +6,3% en 2016) grâce à l’accroissement de la demande intérieure.

* S’agissant des finances publiques, le déficit public devrait passer de -4,3% du PIB en 2014 à -4,1% en 2015, contre -4,5% dans les prévisions d’automne, grâce à des mesures additionnelles adoptées depuis. En revanche, il resterait au niveau élevé de -4,1% en 2016, malgré une croissance du PIB plus forte, étant donné que, selon la Commission européenne, « les réductions de dépenses pour cette année restent largement non spécifiées ». La dette publique devrait continuer de croître en 2015 et 2016 pour atteindre 98,2% du PIB.
 

 
 

5. Prévisions de la Commission européenne pour 2015-2016 – zone euro : accélération de la croissance, inversion du chômage dans la majorité des pays,  baisse des prix en 2015

* Selon les Winter forecast, les prévisions de la croissance européenne pour 2015 et 2016 ont été révisées à la hausse : +1,3% et +1,9% pour la zone euro (contre +1,1% et +1,7% dans les anciennes prévisions) ; +1,7% et +2,1% pour l’Union européenne (contre +1,5% et +2%). Ceci  s’explique, selon la Commission européenne, par « des faits nouveaux » : la forte baisse des prix du pétrole, la dépréciation de l’euro, la décision de la BCE d’un programme de rachats d’actifs et la présentation du plan d’investissement Juncker.

L’inflation dans la zone euro devrait temporairement devenir négative en 2015 (-0,1%) pour réaccélérer en 2016 (+1,3%).

Le marché de l’emploi devrait continuer de s’améliorer lentement. Cependant, malgré sa baisse, le taux de chômage resterait élevé (11,3% en 2015 et 10,7% en 2016 dans la zone euro ; 9,8% et 9,3% dans l’Union européenne). « Il serait bien au-dessus des niveaux d’avant crise et reflèterait non seulement des facteurs cycliques mais aussi la persistance d’un chômage structurel élevé », selon la Commission européenne.

Le déficit public des pays de la zone euro devrait continuer de se réduire : -2,2% du PIB en 2015, puis -1,9% en 2016, après -2,6% en 2014.

* Ces chiffres d’ensemble recouvrent des disparités entre les pays membres :

  • en termes de croissance du PIB : croissance soutenue aux Royaume-Uni ; nette accélération en Espagne (amélioration du marché du travail, conditions de financement plus faciles) ; croissance en Allemagne proche de la moyenne de l’Union européenne, grâce à sa demande interne ; retour à une croissance positive en Italie (demande extérieure) ; accélération modérée en France, en Autriche, au Portugal (amélioration graduelle de la demande extérieure et des conditions de financement) et en Finlande.
  • en termes de chômage : baisse attendue du taux de chômage dans tous les pays de la zone euro en 2015, à l’exception principalement de l’Italie et de la France. Les deux plus fortes baisses seraient enregistrées en Grèce et en Espagne, à partir, il est vrai, de niveaux les plus élevés de la zone.

En termes de finances publiques :
. réduction du déficit public dans tous les pays européens. En 2015, tous les pays de la zone euro auraient un déficit inférieur ou égal à 3% du PIB, à l’exception de l’Espagne, de la France et du Portugal. En 2016, la France aurait le déficit le plus élevé de la zone euro.

. réduction de la dépense publique dans tous les pays de la zone euro en 2015, à l’exception de l’Allemagne. Cependant, le poids de la dépense publique allemande serait tout de même inférieur de -4,6 points à celui de la moyenne de la zone euro et de -13,3 points à celui en France.

. Sept pays européens auraient en 2015 mais aussi en 2016 une dette publique supérieure à 100% du PIB (Belgique, Irlande, Grèce, Espagne, Italie, Chypre, Portugal), malgré une baisse en Irlande, en Grèce et au Portugal au cours des deux années. Il n’y a qu’en Espagne, en France et en Finlande que la dette continuerait de s’alourdir en 2015 et 2016.

6. Climat des affaires aux Etats-Unis en janvier 2015 : nouveau ralentissement de l’activité manufacturière

* Selon la dernière enquête réalisée auprès des directeurs d’achat, le climat des affaires aux Etats-Unis dans le secteur manufacturier s’est détérioré en ce début d’année 2015 : l’indice synthétique ISM s’est replié en janvier 2015 pour le troisième mois consécutif.

Dans le détail, le repli de l’indicateur se retrouve dans toutes ses composantes, qu’il s’agisse de la production, des carnets de commandes ou de l’emploi. Le recul a été plus important pour les carnets de commandes, dont l’indice est repassé sous sa moyenne de longue période (2000-2013). En particulier, l’indice relatif aux commandes à l’exportation est repassé sous la ligne des 50 (seuil délimitant la zone d’expansion de la zone de contraction) pour la première fois depuis novembre 2012, signe que ces dernières se sont repliées. La montée du dollar n’y est évidemment pas étrangère.  

* Dans le même temps, dans le secteur non manufacturier, l’indice synthétique ISM a très légèrement progressé en janvier 2015, après avoir nettement baissé en décembre dernier.

Cette modeste hausse recouvre :

  • un nouveau repli de la composante « emploi » ;
  • une quasi-stagnation de la composante « carnets de commandes », avec une baisse de celle relative aux carnets de commandes à l’exportation ;
  • un accroissement de la composante « production ».

* En résumé, l’évolution de l’indice dans le secteur manufacturier, toujours supérieur à la ligne des 50, traduit une décélération notable de l’activité manufacturière. Dans le secteur non manufacturier, elle traduit au contraire une légère accélération de l’activité non manufacturière.
 

 

7. Tendances récentes des marchés : raffermissement des cours du pétrole, de l’euro, des actions

> Téléchargez le document PDF

Les derniers articles