Déclaration de Pierre Gattaz à la sortie de Matignon

Pierre Gattaz a été reçu par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, jeudi 4 juillet, dans le cadre de la concertation sur la réforme des retraites. Lire sa déclaration.

Photo :© Olivier Clément / lefilphotopresse.fr

« Le Premier ministre nous a écoutés, nous avons rappelé d’abord l’importance que nous attachons au système de retraite par répartition. Deuxièmement, nous avons rappelé qu’il y a de moins en moins d’actifs pour financer de plus en plus de retraités. Et donc qu’il faut absolument et mathématiquement augmenter les annuités, et si possible augmenter l’âge légal de départ à la retraite. Donc, nous ce que nous avons proposé, c’est d’augmenter de 41 à 43 annuités en 2012 et de 62 à 63 ans l’âge légal de départ à la retraite à l’horizon 2020, puis de 63 à 65 ans à l’horizon 2040. Ce que nous avons aussi rappelé au Premier ministre c’est que les marges des entreprises françaises sont extrêmement faibles par rapport à la moyenne européenne et par rapport à la moyenne allemande aussi. Je le rappelle : 28 % de marge économique par rapport à 40 % de marge européenne, cela fait 12 points de différence. C’est là où nous retrouvons les 100 milliards d’euros de différence qui pèsent sur les entreprises françaises. Sur ces 100 milliards, vous en avez 50 milliards sur les cotisations sociales qui sont en trop. Et donc tout le problème que nous avons aujourd’hui c’est que nous avons des entreprises qui aimeraient se développer, qui aimeraient investir, qui aimeraient innover en France et qui se retrouvent totalement exsangues, d’une part du fait de ces marges extrêmement faibles, d’autre part par la situation économique. Donc il n’est pas du tout possible et imaginable d’augmenter encore les cotisations sociales, puisque nous avons déjà 50 milliards de trop sur le dos. Voilà ce que j’ai pu expliquer au Premier ministre. Il a écouté, cela a été un échange, il est en train de se faire une opinion, il reçoit l’ensemble des partenaires sociaux, il a conscience de la situation difficile de l’économie française, des entreprises, du taux de chômage qui est à 10,5 %. J’ai rappelé que pour régler ce problème de taux de chômage ce ne sont que les entreprises qui peuvent le régler. Donc les entreprises c’est le bien le plus précieux que nous ayons en France, il faut impérativement faire attention à ne pas les surcharger, les surtaxer, d’autant plus que ce sont souvent des TPE et des TPE qui peuvent créer de l’emploi, avec les ETI. Donc attention à ne pas de nouveau rajouter des cotisations et des charges sur ces usines à créer de l’emploi en France, avec le chômage qui est celui que nous connaissons. Il m’a écouté, il nous a écoutés, il y a un projet de loi qui va sortir le 18 septembre, il y a des consultations actuellement, il n’y a pas eu d’échanges particuliers, juste une écoute. » Q : Un syndicat dit que la hausse des cotisations est toujours sur la table… « Nous, nous avons exprimé qu’il ne fallait pas qu’il y ait une hausse des cotisations par rapport à la situation économique du pays. Nous en sommes restés là. Merci infiniment. Au revoir »

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