Point presse mensuel de novembre 2013

Bonjour à tous, Ravi de vous retrouver ici chez Oodrive, société magnifique créée il y a douze par Stanislas de Rémur. Ils sont dans le numérique ; ils sont dans le Cloud computing. 240 personnes ; forte progression. Implanté au centre de Paris avec 200 personnes ici dans cet ancien hôtel des impôts. La volonté c’est de montrer que nous sommes dans une entreprise, c’est la mise en valeur d’une entreprise et des équipes ; mise en valeur de pépites françaises. C’est de montrer qu’on a des entreprises magnifiques en France et c’est de montrer aussi par cette conférence de presse mensuelle que nous ne sommes pas toujours au 55 avenue Bosquet. Il est intéressant de faire ces conférences de presse dans des entreprises qui gagnent, qui réussissent et qui montrent une France qui gagne, une France qui réussit et des équipes qui sont derrière et qui ont de vrais projets. Je vais laisser la parole à Stanislas pour qu’il nous explique son entreprise.

Stanislas de Rémur : Monsieur le Président et vous tous ici, je tenais tout d’abord à vous souhaiter la bienvenu chez Oodrive. Pierre, c’est la deuxième fois que nous avons la chance de vous recevoir dans ces locaux qui comme vous le disiez appartenaient précédemment à l’administration publique en tant que trésorerie générale du Xe arrondissement. Nous les avons réhabilités afin d’accueillir une grande partie de nos 240 salariés dont notre centre de R&D qui fait qu’Oodrive aujourd’hui est un des leaders français et européen du Cloud computing. Et c’est toujours un très grand plaisir et un grand honneur pour tous les collaborateurs du groupe de vous recevoir.

Comme vous le savez nous vivons une période que l’on peut qualifier d’anxiogène. Une période où de profondes réformes sont plus que jamais nécessaires et je suis personnellement ravi que vous soyez aujourd’hui à la présidence du Medef afin de remettre l’entreprise au cœur du renouveau de la croissance en France. Vous avez dit lors d’une précédente conférence que l’entreprise n’est ni de droite, ni de gauche ; et c’est vrai. Mais aujourd’hui en tant qu’entrepreneur nous devons à la fois nous battre sur nos marchés mais aussi contre un gouvernement, et je mets les précédents gouvernements au même niveau, qui ne peut s’empêcher de changer constamment les règles du jeu. Et lorsqu’il n’y a pas de règles à changer, on essaye d’en inventer sans jamais prendre en compte la réalité du terrain. Comment appréhender les effets d’une loi ou d’une réglementation s’il n’y a pas au préalable concertation et expérimentation dans le temps. C’est cette réalité du terrain qui est nécessaire et que vous avez par votre expérience.

Les chefs d’entreprise ont besoin de stabilité fiscale et réglementaire et malheureusement elles n’en ont pas depuis des années. Je ne parle pas non plus des charges sociales qui atteignent un niveau qui n’est plus supportable par une majorité d’entreprises et des multiples taxes plus difficiles à comprendre et à calculer les unes et des autres. Vous militer fortement pour une baisse de ces charges et vous avez raison. Car c’est la principale solution pour redonner de l’oxygène aux entreprises et éviter qu’elles ne disparaissent. Pour information, j’ai cette année reçu plus de dossiers d’entreprises en grande difficulté et souhaitant être reprises par le groupe que sur les deux années précédentes. Ce n’est donc pas une bonne tendance.

Nous avons heureusement en France beaucoup d’atouts et beaucoup de jeunes et de moins jeunes qui souhaitent créer leur entreprise et recruter. Et nous savons que le chômage ne sera pas réduit par les très grands groupes, ni par les emplois aidés qui sont par définition temporaires. Mais par la création et le développement des TPE et des PME. Il y en a 3,2 millions en France et si chacune d’entre elles recrute une seule personne nous n’aurions plus de chômeurs.

Pierre, vous arrivez à une période difficile pour la France et ses entreprises. Une période où nous avons besoin de vous, besoin du Medef, besoin de votre expérience en tant que chef d’entreprise afin qu’ensemble nous parvenions à réduire le chômage et remettre en France une croissance durable. Merci.

Pierre Gattaz : Merci infiniment Stanislas de ces mots et de ton accueil ici présent. Ce qui est intéressant c’est de voir que tout le monde, tous les chefs d’entreprise – qu’elles soient petites, moyennes, grandes ou très grandes – nous partageons le même constat qui est cette France qui est une Formule 1 et qu’on conduit très très mal.

Je voudrais vous parler ce matin d’un Pacte de confiance que j’ai proposé au Président Hollande. Ce Pacte de confiance s’inscrit dans une démarche globale qui est notre projet France 2020. Je rappelle toujours que pour faire des réformes structurelles dans notre pays nous avons besoin d’un cap, d’une ambition.

La France est un bouchon sur l’océan aujourd’hui. Toujours sans cap, sans ambition, sans vision pour le pays. Et la citation de tempête et de crise que nous connaissons est très anxiogène car c’est comme un bateau dans la tempête sans capitaine qui montre le cap ou le port prochain et bien nous sommes dans cette situation là.

Nous travaillons aujourd’hui au Medef sur ce projet dont je vous parlerais dans quelques semaines ou quelques mois qui s’appelle « 2020 : Une France qui gagne » qui permet de retrouver cette ambition, ce pays, cette France conquérante. Cette France qui ne doute plus d’elle à travers cinq défis clairement identifiés :

  • Le défi de l’exportation de la mondialisation : c’est le défi le moins compliqué pour nous Français. Nous avons un déficit du commerce extérieur à 65 milliards aujourd’hui ; les Allemands sont à 200 [d’excédent]. Il est important de repartir à l’assaut, à l’attaque ; de s’organiser. Le Medef aujourd’hui à travers le pôle Exportation – et Jean-Claude Volot qui le pilote – est dans une situation où nous allons proposer des simplifications ; nous allons tenter de simplifier, de coordonner à la fois tout le dispositif public de l’Etat sur l’exportation et le dispositif privé car il y a de nombreuses associations, de nombreux clubs aussi qui sont là pour aider. Essayons de coordonner, de simplifier tous ces dispositifs en ayant des plates-formes émettrices en France et des plates-formes d’accueil simples, guichet-unique dans les principaux pays où nous souhaitons exporter. Ça passe aussi par le « chasser en meute », par le « Pacte PME », par des associations amies. Nous n’allons pas tout refaire mais voilà des axes où le Medef va être extrêmement force de propositions.
  • Tout ce qui est filières du futur : aujourd’hui dans cette société nous avons à la fois les filières du futur et le numérique. Les filières du futur c’est retravailler sur tout ce que nous devons créer, construire, développer en France :  la santé qui est un énorme sujet ; la transition énergétique qu’il ne faut surtout pas voir comme un problème dogmatique, fiscal uniquement avec des taxes à la clef. La transition énergétique est une formidable opportunité de développer des filières futur, de développer de l’innovation, des écosystèmes de croissance, de l’exportation. Ne loupons pas ces opportunités de développer ces filières du futur ; le tourisme est une filière fantastique à développer. Nous avons presque 1 million de touristes en plus par an actuellement. Dont 100 à 200.000 Chinois. Ce qui est énorme. Filière fantastique à développer.
  • Le numérique : nous sommes ici dans une entreprise du numérique. Il y a tout à faire dans le numérique ; cela intègre tous les marchés, aussi bien de façon transversal que plus particulièrement sur des filières propres comme sur l’éducation nationale, comme le commerce, la banque, les assurances, beaucoup de choses à développer. La France est très forte en créativité sur ce sujet-là.
  • L’Europe à construire : c’est fondamental. L’Europe est une cour de récréation pour nous. Nous devons en Europe harmoniser la réglementation sociale, la réglementation fiscale et tout ce qui est réglementation générale et environnementale. On ne peut pas être en France loin ou transposer des directives en les durcissant. Nous ne pouvons nous éloigner de nos voisins européens sur le plan fiscal ou sur le plan social. L’Europe pour moi est un marché de 500 millions d’habitants à développer ; développons la compétitivité européenne par rapport à l’ensemble du monde ; développons une stratégie numérique européenne ; développons l’Europe de l’énergie. Harmonisons la réglementation sociale, fiscale avec l’ensemble des pays européens.
  • Développons l’audace créatrice en France : ici présent nous avons un créateur d’entreprise, des équipes qui ont suivies. La création d’entreprise il faut qu’on la développe, qu’on la suscite. Vous savez un entrepreneur aujourd’hui il a eu l’audace de se jeter à l’eau ; il a eu le courage de nager et puis il a la ténacité de durer et de nager loin. Ce sont des caractéristiques absolument extraordinaires et c’est ce qui distingue l’entrepreneur du non-entrepreneur. C’est le courage et c’est l’audace de se jeter à l’eau et de nager durablement. Il faut mettre à l’honneur ces héros des temps modernes, ces explorateurs que représente Stanislas d’ailleurs, qu’on soit créateur d’entreprise ou repreneur d’entreprise. La France devrait beaucoup plus cultiver ce goût de l’entreprise, ce goût de l’entrepreneuriat qui créée en fait de la richesse, de l’exportation et de l’emploi in fine pour notre pays. Ce sont les valeurs que nous souhaitons diffuser à travers d’ailleurs France 2020 ; ce goût de l’entrepreneuriat, cette importance de l’entreprise et de l’entrepreneuriat.

Après avoir défini donc cette vision « France 2020 », ces valeurs autour de l’audace et de l’entreprise et de l’exemplarité des chefs d’entreprise ; exemplarité de gestion financière, exemplarité de gestion humaine. Je crois que nous avons, nous le Medef, le devoir de propager cette compétence aussi bien dans les entreprises que nous dirigeons que dans les régimes sociaux que nous devons codiriger avec nos partenaires sociaux. C’est quelque chose aussi dont le Medef va s’occuper et promouvoir.

Une fois que j’ai parlé de cette vision et de ces valeurs, nous avons défini aussi un objectif. Un objectif par rapport à cette vision d’une France en 2020. C’est la fameuse lettre où j’ai proposé la création d’un million d’emplois à cinq ans.

C’est un objectif qui sous-tend le projet général. Un objectif intermédiaire à cinq ans. Cet objectif – 1 million d’emplois créés à cinq ans – a été signé en 48 heures par 80 fédérations du Medef et les 120 Medef territoriaux. Il a été aussi signé par des partenaires amis, des fédérations patronales amies. Et c’est là où nous voyons que les forces vives du pays que nous représentons, les forces vives des entrepreneurs sont prêts à jouer le jeu, à créer de l’emploi, sont prêts à y aller. En ont marre de cette situation ; cette situation où la crise perdure. Où des décisions, des mesures parfois sont bonnes mais souvent ne sont pas bonnes. Et je crois que cet élan majeur de dire « nous sommes capables de créer 1 million d’emplois » c’est absolument fondamental, c’est très enthousiasmant et c’est un appel vers un objectif que nous allons décliner de 2 façons :

  • Au niveau du Medef et pour alimenter des chantiers dont je vais vous parler nous allons les décliner sous forme de filières du futur dont j’ai parlé. Combien pourrait créer les services, l’industrie, l’aéronautique, le tourisme, etc. si nous faisons un certain nombre de révolutions ou de modifications de la réglementation ? Je pense beaucoup en vous disant cela au travail du dimanche et au travail le soir après 21 heures. Si nous travaillons sur le nombre de touristes à prendre en plus en France – je parlais de l’ordre de 1 million de touristes en plus, en tout cas c’était 1,4 million en 2012 – eh bien ce sont des infrastructures, ce sont des hôtels, ce sont des commerces, ce sont des restaurants ; et c’est aussi la possibilité de faire que ces touristes soient bien accueillis et puissent faire leurs courses, éventuellement le week-end, puissent faire leurs courses le soir dans les axes touristiques. Tout cela reprend un sens, tout cela a un sens par rapport à la création d’emplois et la création d’entreprises. Et je crois que c’est un élément.
  • Alors ça, ce sont des filières sur lesquelles nous allons travailler plus précisément au niveau du Medef et nous allons travailler aussi en poches de créations de 50 à 100.000 emplois. Je vais vous donner quelques exemples :  les seuils sociaux en France : 9 et 49. Ce sont des tabous, ce sont des blocages. Nous en parlions tout-à-l’heure avec Stanislas. Encore une fois, nous ne sommes ni à gauche, ni à droite, mais le problème des seuils fait que nous bloquons un certain nombre d’entreprises qui sont terrorisées par un excès de réglementation à 9 et surtout à 49 et qui font que vous avez 2,5 fois plus d’entreprises de 49 personnes que de 50 personnes. Il faut que l’on regarde ces problèmes-là calmement, avec nos partenaires sociaux, que l’on ouvre ce dossier et que l’on ouvre ce chantier dans les semaines et les mois à venir ; deuxième idée, nous avons proposé 11 propositions car, vous le savez, le Medef est force de propositions avant tout. Nous souhaitons toujours garder cette capacité d’être positif, d’être enthousiaste, d’être force de propositions. Nous avions fait une trentaine de propositions dans le cadre des retraites, je crois que nous étions la seule fédération syndicale ou patronale à avoir fait des propositions, nous venons de faire il y a 15 jours ou un mois plus exactement 11 propositions pour l’apprentissage pour créer 100 000 apprentis de plus. Voilà une deuxième poche de création d’emplois, à la condition que les entreprises puissent être beaucoup plus parties prenantes dans la formation, dans la qualification de nos apprentis, à côté des régions, en co-responsabilité avec l’Education nationale. Voilà deux idées ; troisième idée : la généralisation des chèques emploi service universel. Les petites structures, les petites PME, TPE, sont toujours terrorisées par la création d’emplois en France, par l’embauche. Il faut réduire cette peur du patron français d’embaucher. Donc, pour le réduire, c’est aussi de simplifier, bien évidemment, la législation du travail. Et nous travaillons sur ce sujet au niveau du Medef aussi pour être force de propositions, c’est aussi peut-être une idée de généraliser le chèque emploi service universel à toutes les petites structures de moins de trois ou cinq personnes, qui permettrait à l’ensemble de ces structures de pouvoir embaucher facilement.

C’est aussi, dans le cadre de la formation professionnelle, augmenter l’employabilité de nos salariés. Ça, c’est un thème très important pour moi car vous avez bien compris que nous avons des blocages à l’embauche en France qu’il faut lever. Tous ces verrous-là, il faut les lever. Il faut les lever avec nos partenaires sociaux, il faut les lever dans le cadre d’une négociation comme la formation professionnelle. Pourquoi ? Car nous nous sommes fixés trois objectifs dans la formation professionnelle. Avec nos partenaires. Un, améliorer la compétitivité des entreprises. Deux, améliorer l’employabilité de nos salariés. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire les monter en compétences, cela veut dire qu’ils puissent en effet comprendre que, d’abord, ils vont être plus motivés, plus épanouis, plus compétents à la fois pour leur entreprise et en cas de problèmes dans leurs propres entreprises qu’ils puissent rebondir le plus rapidement possible avec leurs bagages de compétences et, comme cela, dans une vie, pouvoir peut-être connaître deux, trois, quatre, cinq employés différents. Et ce ne sera pas un drame car ils auront le bagage d’employabilité qui leur permettra cette adaptation permanente. Et c’est le deuxième objectif que nous avons dans cette négociation, le troisième étant la simplification et l’efficience du système.

Donc, pour vous dire que nous avons signé, tous ensemble, ce million d’emplois à créer, que nous avons envoyé à nos 750 000 adhérents. D’autres fédérations patronales ont signé avec nous et nous avons bien sûr transmis cette lettre au Président de la République, aux ministres, aux élus pour leur dire : faites-nous confiance, travaillons ensemble, de telle façon à ce que la France se remette en mouvement et que l’on puisse redévelopper de la croissance et de l’emploi à la condition qu’un certain nombre de choses bougent en France.

Et c’est mon quatrième point. Après la vision créée par ce projet France 2020, les valeurs autour de l’audace créatrice de l’entreprise, l’objectif intermédiaire qui est la création d’un million d’emplois, nous tombons sur les plans d’action qu’il faut mettre en œuvre.

Les plans d’action sont des plans d’action en interne.

Encore une fois, le patron, le chef d’entreprise, ceux que je représente, notre travail, notre responsabilité c’est développer nos entreprises à travers l’intimité client, l’exportation, la mondialisation, la responsabilité d’entraîner nos écosystèmes lorsque nous sommes plus gros.

Deuxième chose l’innovation. L’innovation c’est chez nous. C’est la clef de la différenciation.

Troisième chose, je le rappelle, la qualité. C’est-à-dire l’excellence opérationnelle. Les processus.

Et quatrième chose, les hommes et les femmes, leur motivation, leur employabilité, leur formation permanente.

Autour de ces quatre responsabilités clefs nous allons développer des systèmes avec les clubs APM, avec d’autres fédérations amies, d’autres associations amies et partenaires. La formation de nos entrepreneurs, de nos cadres. L’exportation, j’en ai déjà parlé. Ce sont nos plans d’action internes.

Je vais me déplacer en Chine la première semaine de décembre pour voir une de mes usines chinoises d’une part et surtout être avec Jean-Pascal Tricoire dans le Comité France-Chine pour aller voir ce grand marché, énorme, en forte croissance toujours qui sont autant d’opportunité extraordinaires pour nous sociétés françaises et dont nous ne profitons pas encore assez. Donc formidable espoir de se dire et de s’organiser autour de l’exportation et de la mondialisation pour envahir ce marché qui continue de se développer à des taux de croissance tout à fait impressionnant.

Je serai aussi aux Etats-Unis début janvier au Consumer Electronic Show pour monter, là aussi, qu’à travers ce déplacement aux Etats-Unis il y a quatre défis dont j’ai parlé tout à l’heure : le défi là encore de l’exportation, de la mondialisation – première chose – le défi de mettre à l’honneur des start-up françaises à travers ce Consumer Electronic Show je crois qu’il y a trois start-up qui vont être primées d’ailleurs pendant ce salon, le défi du numérique puisque le numérique sera extrêmement présent comme vous le savez dans ce salon et puis le défi des filières du futur puisque le Consumer Electronic Show pointe toujours toutes les filières que nous avons. Donc à travers ce salon aux Etats-Unis eh bien ce sont aussi quatre grands messages que nous, entrepreneurs, entreprises, avec nos équipes, nous sommes capables de relever tous ces grands défis qui sont à notre portée qui sont extrêmement enthousiasmants. Alors que nous broyons souvent du noir un peu trop en France malheureusement.

Ça ce sont les plans d’action internes au Medef. Nous avons constitué neuf pôles et nous souhaitons avancer sur cette augmentation d’employabilité cette formation permanente, cette simplification de nos processus, ce sont nos problèmes, nos responsabilités. Le Medef sera un soutien et un coordinateur de ces choses.

Et puis il y a les plans d’action externes. Alors c’est là où j’arrive sur mon dernier point qui est le Pacte de confiance.

Nous avons demandé officiellement au Président de la République, par un courrier qui a été signé par le Medef mais aussi par nos partenaires puisque nous avons fait signer hier l’Afep, Croissance Plus, Asmep-ETI, le Cercle de l’industrie. Et nous avons porté une lettre au Président de la République lui disant « lancez un Pacte de confiance pour la croissance et pour l’emploi qui permettrait de calmer et d’apaiser la nervosité locale des forces vives que nous connaissons aujourd’hui et ouvrez à travers ce Pacte 5 grands chantiers qui sont nos préoccupations quotidiennes et que nous pourrons faire avec le gouvernement, avec les élus, avec les partenaires sociaux lorsqu’ils sont concernés. » Je veux parler de cinq chantiers qui sont clairement identifiés pour nous.

  • Nous avons bien sûr le chantier du coût du travail qui reste une préoccupation majeure pour nous tous en France.
  • Le deuxième chantier qui est le chantier sur la fiscalité qui est une préoccupation énorme à la fois par cette surfiscalité que nous connaissons dont a rappelé Stanislas tout à l’heure. Et cette instabilité aussi qui est très préoccupante pour nous.
  • Troisième chantier la baisse des dépenses publiques. Fondamental. Car aujourd’hui nous ne réglerons pas durablement le problème de surfiscalité, ni des ménages, ni des salariés, ni des entreprises sans baisser et optimiser les dépenses publiques. Je le rappelle, je le redis et je le redirais tant que l’on n’aura pas ouvert ce chantier.
  • Quatrième chantier la simplification : celui-là nous avons applaudis à la nomination du binôme Guillaume Poitrinal-Thierry Mandon. Car il paraît important d’accélérer ce choc de simplification qui a été initié en mars ou en avril par le Président de la République. De l’accélérer et d’être très porteurs de la simplification que nous demandons nous dans nos entreprises. Car nous sommes dans une complexité croissante, comme vous le savez, depuis 30 ans. Nous avons à gérer 85 codes, 400.000 normes. Tout cela augmente de 4 à 5% par an. Eh bien cet univers kafkaïen il faut, là-encore, le réduire, le maîtriser, prendre les priorités qui vont bien, de telle façon à ce que là-encore la vie d’un chef d’entreprise dont la vocation première est de trouver des clients, et de faire des produits et des services de qualité avec ces hommes et ces femmes motivés eh bien on ne soit pas englué par des tas de taches technocratiques administratives qui sont parfois très ennuyeuses, très pénalisantes, très coûteuses, très inquiétantes aussi et qui fait que là-encore ce choc de simplification, ce chantier de simplification est fondamental pour nous. Donc nous avons salué la nomination de Guillaume Poitrinal à côté du député Mandon.
  • Cinquième et dernier chantier dont je voulais vous parler qui est dans ce Pacte de confiance que nous avons proposé, c’est toute l’attractivité du territoire et les freins à l’embauche. Car nous avons encore beaucoup de freins à l’embauche. Nous avons toujours peur d’embaucher en France. Tant que nous aurons peur d’embaucher en France, ça ne marchera pas. Il faut impérativement qu’on lève ces verrous, qu’on lève ces freins de telle façon à repartir vers notre objectif d’un million d’emplois d’une part et une France conquérante d’autre part. Vous voyez que ce Pacte de confiance est sur la table du Président de la République aujourd’hui. Nous souhaitons qu’il s’ouvre le plus rapidement possible. Il faut reprendre la main, il faut que le Président de la République prenne la main pour calmer les esprits, il y a une nervosité toujours sur le terrain et je pense que ce serait un geste extrêmement important de pouvoir dire nous ouvrons ces cinq chantiers.

Nous demandons en fait deux choses importantes pour résumer ces cinq chantiers, c’est qu’il faut en fait améliorer impérativement la compétitivité du territoire France d’un côté et améliorer la confiance sur le territoire France. Ce problème d’attractivité qui aujourd’hui est malmené soit par des mesures parfois dogmatiques qui ont été prise, soient par cette continuité de petites mesures antiéconomiques ou anti-entreprises qu’on voit fleurir depuis des mois en France. Et ça je crois que là-encore, à côté de ce Pacte de confiance, j’ai demandé un moratoire de toutes ces mesures, de tous ces projets de loi, ces propositions de lois qui font florès. Un moratoire le temps de faire ce Pacte de confiance. Ce Pacte de confiance devrait durer six mois avant d’arriver au printemps à des premières propositions d’amélioration. Le fait d’ouvrir ce Pacte devrait permettre d’apaiser déjà, de dire il va se passer quelque chose. Et nous serons partie prenante de ces chantiers. Il faut se donner un calendrier pour arriver au printemps (mai-juin) pour que ces premières mesures soient intégrées, soient concertées, soient estimées, soient évaluées, qu’il y ait même des études d’impact pour arriver à ce qu’elles soient intégrées le plus vite possible et notamment au plus tard dans le PLF 2015 et PLFSS 2015.

Tout cela pour vous dire que le Président de la République a ce Pacte de confiance sur la table et nous demandons en parallèle ce moratoire qui est cette pause sur ces projets de lois, ces propositions de lois sociales fiscales qui concernent l’entreprise, qui concernent l’économie. Des exemples que vous connaissez :

  • Dans la [réforme des] retraites a été ressorti la pénibilité. Je rappelle la pénibilité c’est quelque chose dont nous sommes extrêmement concerné au niveau des chefs d’entreprise. Mais ouvrir de nouveau ce dossier induit un stress énorme auprès des plus petites sociétés.
  • Deuxième chose, la loi Hamon. Vous savez qu’il y a deux articles 11 et 12 qui nous font toujours extrêmement peur.
  • Troisième chose on nous a dit « vous n’aurez pas de prélèvements supplémentaires, de charges supplémentaires ». Eh bien les entreprises ont récupérées une surtaxe IS de 2,5 milliards.
  • Quatrième chose, dans la transition énergétique, nous avons encore récupéré une taxe carbone de 2,5 milliards en 2015 qui fera 4 milliards en 2016.
  • La semaine dernière, il y a eu un projet de loi du ministre du Travail sur le renforcement des prérogatives des inspecteurs du travail. Là-aussi, extrême inquiétude de la part de tous les chefs d’entreprise que je rencontre.
  • Il y a trois jours, c’était la loi sur l’abus de droit en termes de fiscalité. Avec un texte extrêmement dur, avec des pénalités qui peuvent arriver à 0,5% du chiffre d’affaires, une instabilité notoire, une préoccupation notoire, une inquiétude notoire.

Arrêtons ! Sifflons la fin de la récréation ! Sur tous ces projets de lois qui fleurissent, il y en a une ou deux par semaine, et qui font qu’à chaque fois les forces vives du pays se retrouvent avec le sac à dos remplis de pierres qui est déjà très élevé et parmi les plus lourdes d’Europe avec des contraintes, des pénalités, une instabilité qui rend les forces vives de plus en plus nerveuses.

C’est un signal d’apaisement, c’est un signal de dire nous Medef, nous sommes force de propositions. Nous avons notre vision que nous sommes en train de bâtir pour le pays. Nous avons des valeurs que nous partageons. Nous avons un objectif intermédiaire d’un million d’emplois. Nous avons après cet objectif deux plans d’action : un plan d’action avec toutes les forces vives qui nous concerne sur lequel nous allons travailler pour nous rendre meilleur et pour rendre meilleur nos équipes et nos salariés ; et un plan d’action que nous demandons d’urgence à ouvrir au Président de la République à travers la mise en œuvre d’un Pacte de confiance pour la croissance et pour l’emploi et un moratoire très rapide sur tout ce qui se passe actuellement car nous craignons d’avoir toutes les semaines notre lot de projets ou de propositions de lois qui vont continuer de nous enfoncer et de nous rendre extrêmement inquiets sur la suite. Donc c’est cela que nous demandons. Ce moratoire le temps de dérouler notre Pacte de confiance, nos 5 chantiers, afin d’améliorer la situation et de retrouver une sérénité pour les forces vives du pays et pour ces 3 millions d’entrepreneurs que nous sommes, pour repartir de l’avant.

C’est le temps, c’est le moment de faire le choix de l’entreprise, le choix de l’économie de marché, le choix de l’innovation, le choix de la mondialisation. Et ça, encore une fois, comme Stanislas le disait, ce n’est pas ni de droite, ni de gauche.

C’est le parti de l’entreprise et nous savons que nous avons 70% des solutions du pays entre les mains, l’entreprise. Solution au chômage des jeunes, solution au chômage des minorités, à l’intégration des minorités, à la dignité humaine par le travail, à la croissance, à l’investissement, à l’innovation. Tout ça, c’est nous qui le portons et je crois qu’il faut que nos élus, nos ministres s’en rendent compte. Faisons le choix définitif de l’entreprise, arrêtons les petits marqueurs antiéconomiques, anti entreprise qui sortent toutes les semaines de l’Assemblée Nationale. Voilà ce que je voulais vous dire ce matin, merci infiniment de m’avoir écouté.

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