MEDEF Actu-Eco de la semaine du 23 au 27 février

FRANCE

1. Climat des affaires en février 2015 : stagnation pour le troisième mois consécutif

2. Moral des ménages en février 2015 : indicateur à son plus haut niveau depuis mai 2012

3. Demandes d’emploi en janvier 2015 : -19 100 personnes sur un mois, +159 700 personnes sur un an

4. Prix à la consommation en janvier 2015 : -0,3% sur un an, première baisse depuis octobre 2009

5. « Mutations de l’emploi dans les territoires » depuis 30 ans : forte progression dans l’Ouest, le Sud-Est et l’Île de France, baisse dans la sphère productive et augmentation dans la sphère « présentielle »

 

EUROPE

6. Climat des affaires en Allemagne en février 2015 : maintien de l’indicateur synthétique à son niveau de janvier

 

INTERNATIONAL

7. Tendances récentes des marchés : taux de rendement à 10 ans et change de l’euro toujours bas.

 

1. Climat des affaires en février 2015 : stagnation pour le troisième mois consécutif

* Selon les dernières enquêtes de conjoncture publiées par l’INSEE, le climat des affaires en France est resté stable en février 2015, pour le troisième mois consécutif, à son niveau de novembre 2014. L’indicateur se maintient ainsi à un niveau inférieur à sa moyenne de longue période (2000-2013).

* Cette nouvelle stagnation du climat des affaires recouvre des évolutions contrastées selon les secteurs d’activité :

  • nette dégradation dans le commerce de détail : moindre dynamisme de l’activité prévue, qu’il s’agisse des perspectives générales, des ventes prévues ou des intentions de commandes, pessimisme persistant concernant l’emploi ;
  • légère détérioration dans les services : des perspectives générales toujours dégradées, un peu plus de pessimisme concernant les anticipations de demande et d’activité (transport routier de marchandises et hébergement-restauration notamment), moindre dégradation des effectifs ;
  • quasi-stagnation dans l’industrie manufacturière : nouvelle progression des perspectives générales de production, quasi-stabilité des perspectives personnelles (dégradation dans les biens d’équipements, la pharmacie, les industries agroalimentaires et la métallurgie ; amélioration dans la chimie et l’automobile), baisse des carnets de commandes globaux, malgré la stabilité des carnets de commandes étrangers ;
  • modeste amélioration dans le bâtiment, tout en restant dégradé : moindre pessimisme sur l’activité pour les prochains mois, carnets de commandes toujours jugés inférieurs à la normale, taux d’utilisation des capacités de production à son plus bas niveau depuis 1996 (83,6%), anticipation d’une moindre baisse des effectifs.

 

2. Moral des ménages en février 2015 : indicateur à son plus haut niveau depuis mai 2012

* Le moral des ménages s’est amélioré en février 2015, après avoir stagné au mois précédent. L’indicateur synthétique a retrouvé son plus haut niveau depuis mai 2012, mais reste nettement inférieur à sa moyenne de longue période (2000-2013).

* Dans le détail, cette amélioration recouvre :

  • un nouveau repli des craintes concernant le marché de l’emploi : les ménages sont encore un peu moins nombreux à anticiper une hausse du chômage. Le solde d’opinion reste cependant nettement supérieur à sa moyenne de longue période ;
  • une amélioration de la perception des ménages concernant leur situation financière future. Ainsi, ils sont plus nombreux à considérer comme opportun de « faire des achats importants » : le solde d’opinion est à son plus haut niveau depuis octobre 2007. Mécaniquement, ils sont moins nombreux à estimer qu’il est opportun d’épargner ;
  • une amélioration pour le quatrième mois consécutif du niveau de vie futur en France, avec un solde d’opinion qui atteint son plus haut niveau depuis juin 2012 ;
  • des anticipations d’inflation quasiment identiques à celles de janvier. Le solde d’opinion est nettement en dessous de sa moyenne 2000-2013.

3. Demandes d’emploi en janvier 2015 : -19 100 personnes sur un mois, +159 700 personnes sur un an

* Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) en France métropolitaine s’est replié en janvier 2015, pour la première fois depuis août 2014 : -19 100 personnes (-0,5%), après +14 300 en décembre 2014. Il retombe ainsi à 3 481 600 personnes.
Ce repli se retrouve chez les hommes comme chez les femmes, et dans toutes les tranches d’âge, à l’exception des 50 ans et plus, dont le nombre de demandeurs d’emploi a progressé de +600 personnes, soit +0,1%.

En revanche, en y ajoutant les personnes en activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs d’emploi s’est accru de +16 100 personnes, soit +0,3%, pour atteindre 5 232 100 personnes.

* Sur un an, entre janvier 2014 et janvier 2015, le nombre de demandeurs d’emploi de la catégorie A a progressé de +159 700 personnes (+4,8%), après +189 000 personnes en décembre. Dans le détail :

  • par sexe : accroissement plus important chez les hommes (+5,3%) que chez les femmes (+4,2%) ;
  • par tranche d’âge : quasi-stagnation chez les moins de 25 ans (+0,4%), progression, proportionnellement, plus de deux fois plus importante chez les 50 ans ou plus (+9,6%) que chez les 25-49 ans (+4,2%) ;
  • par région : hausse dans toutes les régions de France (Métropole et DOM), à l’exception de la Martinique dont le nombre de demandeurs d’emploi s’est contracté de -2,3% sur un an. Les progressions vont de +1,6% en Haute Normandie à +12% en Corse, en passant par +5,4% en Languedoc-Roussillon et en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

* Concernant la durée d’inscription à Pôle emploi, pour l’ensemble des catégories A, B et C, l’ancienneté moyenne a continué de progresser pour atteindre le niveau record de 542 jours (514 un an plus tôt).

Par ailleurs, autre point préoccupant, le nombre de demandeurs d’emploi de longue durée (un an ou plus) a également continué de progresser de +15 200 sur un mois (+0,7%) et de +192 700 sur un an (+9,3%), pour atteindre le nombre record de 2 267 500 personnes.
Cette hausse sur un an recouvre : +37 000 pour les personnes au chômage depuis un ou deux ans (+3,7%), +43 000 pour celles au chômage depuis deux ou trois ans (+9,2%) et +112 700 pour celles au chômage depuis trois ans ou plus (+18,7%).

 

4. Prix à la consommation en janvier 2015: -0,3% sur un an, première baisse depuis octobre 2009

* En données brutes, l’indice des prix à la consommation s’est replié de -1% en janvier 2015, après une hausse de +0,1% en décembre dernier. En données corrigées des variations saisonnières, il a baissé de -0,3%, pour le troisième mois consécutif.

Ce repli recouvre des évolutions différenciées selon les catégories de biens ou de services :

  • baisse des prix énergétiques (-3,5%) et des produits manufacturés (-1%) ;
  • progression de +0,1% des prix des produits alimentaires et des services.

Hors tarifs publics (électricité, gaz tabac, etc.) et produits à prix volatils (produits pétroliers, produits laitiers, viandes, etc.), c’est-à-dire l’inflation sous-jacente, les prix ont stagné, comme en décembre.

* Entre octobre 2014 et janvier 2015, les prix se sont repliés de -0,5% (-2,1% l’an), après avoir stagné entre juillet et octobre 2014. Cette diminution recouvre, là encore, des évolutions contrastées :

  • repli de -6% des prix des produits énergétiques (dont -13,5% pour les seuls produits pétroliers) et de -1,6% des prix des produits manufacturés (dont -5,5% pour l’habillement et chaussures) ;
  • hausse de +0,1% des prix des produits alimentaires (+1,8% pour les seuls produits frais) et de +0,3% des prix des services (dont +0,2% pour les loyers et +0,7% pour les transports et télécommunications).

* Sur un an, pour la première fois depuis octobre 2009, les prix se sont repliés de -0,3% en janvier 2015 (dont -7,1% pour l’énergie, -1,3% pour les produits manufacturés et +1,3% pour les services). En revanche, l’indice des prix sous-jacent a interrompu sa baisse (+0,2%, après -0,1% en novembre et en décembre 2014).

5. « Mutations de l’emploi dans les territoires » depuis 30 ans : forte progression dans l’Ouest, le Sud-Est et l’Île de France, baisse dans la sphère productive et augmentation dans la sphère « présentielle »

Une publication récente de l’INSEE (INSEE Première n°1538, Trente ans de mutations fonctionnelles de l’emploi dans les territoires, février 2015) montre que, malgré « les chocs économiques successifs », le nombre total d’emplois en France métropolitaine a progressé de +20,5% entre 1982 et 2011 (+4,4 millions), soit plus rapidement que la population totale (+16%). Ce chiffre global recouvre de fortes disparités selon les 304 « zones d’emploi » recensées1 et selon les activités.

*Parmi les 76 zones d’emploi affichant les plus fortes progressions, neuf se situent en Île de France, souvent centrées sur des pôles d’activités spécifiques ou des villes nouvelles (Roissy, Saclay, Marne-la-Vallée, Cergy…), et six correspondent à des métropoles régionales (Montpellier, Toulouse, Lyon, Nantes, Bordeaux, Rennes).
En forte croissance également, certaines agglomérations moyennes bénéficient d’une attractivité particulière liée à leur position géographique proche du littoral ou de la montagne (Ajaccio, Bayonne, Fréjus, Annecy, Chambéry) ou des zones de plus petite taille à dominante touristique (Agde-Pézenas, Les Sables-d’Olonne, Calvi…).
A l’inverse, l’évolution de l’emploi est inférieure à la moyenne dans plusieurs métropoles régionales (Lille, Marseille, Rouen), ainsi qu’à Paris.


1 – L’INSEE définit une zone d’emploi comme «l’espace géographique à l’intérieur duquel la plupart des actifs résident et travaillent, et dans lequel les établissements peuvent trouver l’essentiel de la main d’œuvre nécessaire pour occuper les emplois offerts ».

* Cette évolution contrastée de l’emploi à l’échelle des territoires est à relier à celle des activités, réparties par l’INSEE entre deux grandes sphères économiques :

  • la sphère « productive », qui « regroupe les activités potentiellement exportatrices de biens et services » (agriculture, industrie, commerce de gros, services aux entreprises). Les effectifs de cette sphère se sont réduits de -5,9% sur cette période (-562 000) et ce dans la plupart des zones d’emploi. Les 79 zones qui ont perdu le plus d’emploi entre 1982 et 2011 sont, dans l’ensemble, celles où les activités productives étaient prépondérantes.
  • la sphère « présentielle », « tournée vers la satisfaction des besoins des personnes présentes, qu’elles soient résidentes ou touristes » (commerce de détail, santé, action sociale, éducation, services aux particuliers, administration, construction). Les effectifs de cette sphère ont progressé de +41,5% sur cette période (+4,9 millions) et représentent désormais 2/3 de l’emploi total (56% en 1982).

* Dans la sphère présentielle, les effectifs ont progressé dans toutes les fonctions, à l’exception du bâtiment. Cette augmentation s’explique principalement par celle des effectifs dans trois fonctions, qui ont joué un rôle d’amortisseur dans les zones où l’emploi total diminuait : l’administration publique, la santé et l’action sociale ainsi que les services de proximité.

* La note de l’INSEE souligne enfin des structures d’emploi dans les départements d’Outre-mer très spécifiques, avec une économie productive représentant moins d’un emploi sur quatre, contre un sur trois en métropole. Reste que, durant les dernières années, l’évolution de cette dernière y a été plus favorable que celle de la sphère présentielle (sauf en Martinique).

6. Climat des affaires en Allemagne en février 2015 : maintien de l’indicateur synthétique à son niveau de janvier

* Le climat des affaires dans la construction, l’industrie et le commerce en Allemagne s’est très légèrement amélioré en février 2015. L’indicateur synthétique publié par l’institut de conjoncture IFO s’est inscrit en hausse pour le quatrième mois consécutif. Il est supérieur à sa moyenne des années 2000-2013 et à son plus haut niveau depuis juillet 2014. Selon l’institut, « l’économie allemande se révèle robuste face à l’incertitude géopolitique ».

* Dans le détail, cette quasi-stagnation de l’indicateur synthétique recouvre :

  • un léger repli de l’indicateur relatif à la situation actuelle, tout en restant nettement supérieur à sa moyenne de longue période ;
  • une modeste progression de l’indicateur relatif aux perspectives à six mois, en hausse pour le quatrième mois consécutif. Il est à son plus haut niveau depuis juillet 2014.

Cette évolution d’ensemble recouvre des disparités selon les secteurs :

  • une amélioration dans l’industrie manufacturière, avec une situation actuelle moins favorable qu’au mois précédent mais des perspectives à six mois plus optimistes ;
  • un léger mieux dans le commerce de détail (léger repli pour la situation actuelle, nouvelle hausse des perspectives) ;
  • une légère dégradation dans le commerce de gros, malgré un optimisme plus important pour les mois à venir ;
  • une détérioration dans la construction, même si l’indicateur reste à un niveau élevé.

 

7. Tendances récentes des marchés : taux de rendement à 10 ans et change de l’euro toujours bas

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